Regions Liège

La loutre, bientôt de retour en région liégeoise ?

La Berwinne et la Gueule pourraient facilement être recolonisées par ce sympathique mammifère

© uliège/spw/libois

17 août 2020 à 13:21 - mise à jour 17 août 2020 à 13:21Temps de lecture1 min
Par Michel Gretry

Deux chercheuses de l’université viennent, à la demande de la région wallonne, de réaliser une cartographie de la Berwinne et de la Gueule, les deux derniers affluents belges de la Meuse. Et ces deux cours d’eau offrent une multitudes d’habitats potentiels, de caches, et il ne faudrait pas de lourds aménagements pour que la loutre, disparue depuis les années nonante, revienne en nos contrées.

La Berwine: en bleu, les tronçons excellents, en jaune, moyens, en orange médiocres

Clotilde Lambinet explique la méthodologie : "Nous avons remonté les deux cours d’eau, depuis le moment où ils commencent à dépasser un mètre de large, jusqu’à la confluence, et nous avons noté les endroits qui pourraient servir d’abri ou de cache à la loutre, des massifs de ronces, des cavités entre des racines, des terriers creusés par des castors, des anfractuosités dans des roches… Et globalement, les potentialités d’accueil sont bonnes, voire très bonnes".

La Gueule, en bleu, les tronçons "excellents", en jaune, "moyens", en orange, "médiocres"

Il ne faudrait pas d’énormes travaux pour que ces rivières soient recolonisées sur la totalité de leur cours. Sur la Berwinne, un point noir, à Dalhem : la traversée du village est empierrée, artificialisée. Aménager deux ou trois sites, à l’entrée et à la sortie du tronçon, serait judicieux. Sur la Gueule, c’est aux abords de l’étang de La Calamine que la zone est la moins propice à la loutre. Mais, là encore, des interventions légères pourraient suffire. 

La proximité de la frontière hollandaise, facteur très favorable

En fait, les Pays-Bas ont mené, depuis quelques années, un programme de réintroduction de la loutre. Et, petit à petit, ce mammifère, qui se déplace aisément sur une vingtaine de kilomètres, descend vers le sud. Il a été repéré déjà du côté flamand de la frontière limbourgeoise. Pour Vinciane Schockert, chargée de mission, tant la Gueule que la Berwinne peuvent fournir les ressources nécessaires à la loutre : "Elle a besoin d’habitats paisibles, et de ressources alimentaires ; elle se nourrit de poissons, mais en période de migration des batraciens, elle peut chasser les crapauds, et il arrive qu’elle consomme des oiseaux. Elle a besoin d’environ un kilo de nourriture par jour, et les deux cours d’eau offrent des quantités piscicoles tout à fait acceptables."

Ce n'est donc peut-être plus qu'une question de patience...

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