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La Machine à Remonter le Son avec la Sonuma : Claude François, une vie à 100 à l'heure

CLAUDE FRANCOIS

© Erling MANDELMANN/GAMMA-RAPHO

13 déc. 2021 à 14:22Temps de lecture3 min
Par Viva+

Le 9 novembre 1974, à la radio, il y a André Prévost. Il anime l’émission Hainaut Matin sur la station de la RTB, Radio Hainaut ancêtre de Vivacité. Ce jour-là, il reçoit un artiste habitué des studios de la chaîne publique, Claude François. L’artiste français d’origine égyptienne explique au journaliste comment il procède pour choisir une chanson. Sur un coup tête, sur un coup de coeur ? Ou peut-être les deux ?

Envie de plus d’archives : www.auvio.be/sonuma

 

Claude Francois
CLAUDE FRANCOIS

Claude François est né le 1er février 1937 à Ismalia en Egypte. Son père qui contrôle la circulation maritime sur le canal de Suez a installé sa famille, sa femme Lucia et ses enfants Claude et Marie-Josée sur les bords de la Mer Rouge, à Port Taoufik. La famille vit aisément et tranquillement jusqu’en 1956. Cette année-là, la nationalisation du Canal de Suez par le président égyptien Nasser oblige la famille à repartir en France. Les François vivent désormais à Monte Carlo mais dans des conditions précaires. Le papa malade, Claude devient le chef de famille et doit subvenir à ses besoins. Il est engagé comme employé dans une banque. Le temps derrière un comptoir paraît beaucoup trop long à celui qui rêve de musique et de scène parce que Claude François a étudié très tôt le violon et le piano. La musique, il connaît. Là, il apprend même en autodidacte les percussions. Ayant rendu son tablier à l’organisme financier, il vit désormais de petits cachets qu’il gagne en contrepartie d’animations musicales dans les hôtels monégasques. Ce qui ne plaît guère à son paternel qui coupe les ponts avec sa progéniture. Claude François n’en arrête pas pour autant de faire le tour des hôtels pour proposer ses services. Il rencontre Janet Woollacott, une danseuse anglaise qu’il épouse en 1960 et part s’installer à Paris.

1960 marque le début d’une nouvelle ère pour la variété française avec l’avènement sur les ondes d’Europe 1 de l’émission " Salut les copains " de Frank Ténot et de Daniel Filipacchi. C’est à cette époque que les vedettes de la chanson française reprennent les tubes américains de twist et de yé-yé. Avec SLC, c’est le succès pour Claude François et sa chanson : " Belles, belles, belles " en 1962, remix d’un titre des Everly Brothers. Le jeune blondinet qui compte déjà de nombreux fans, surtout parmi le public féminin, enchaîne les succès : " Marche tout droit ", " Si j’avais un marteau ",… Il part en tournée avec les Lionceaux, avec les Gams et Jacques Monty. Il se produit aussi à l’Olympia où il interprète : " J’y pense et puis j’oublie " en référence à sa séparation avec Janet qui lui a préféré Gibert Bécaud. Qu’importe. Clo-Clo se console auprès de France Gall et continue ses tours de chants et de danses. Il se fait remarquer par son énergie débordante sur scène qui provoque l’hystérie dans le public. En 1966, il décide de s’entourer de danseuses. Ainsi naissent les Clodettes.

Les années 70, confirmation d'un talent et d'un patron

En 1967, Claude François qui s’est mué en homme d’affaire crée sa propre maison de disques : les Disques Flèche.  Et un an plus tard, il signe ce qui deviendra un tube mondial, repris par une pléiade d’artistes dont Frank Sinatra et Elvis Presley : " Comme d’habitude ". Entretemps, après sa rupture avec France Gall, il rencontre Isabelle Forêt qui lui donne un fils, en juillet 1968, Claude junior que l’on surnomme Coco. Un plus tard, Claude François devient à nouveau papa d’un petit Marc. Mais il continue à se produire. Il assure notamment des concerts pendant 16 jours à l’Olympia et fait salle comble à toutes les représentations avant de partir en tournée au canada.

Le début des années 70 coïncide avec des ennuis de santé dus au surmenage et à un accident de voiture. Qu’à cela ne tienne, le patron s’offre une nouvelle corde à son arc en rachetant le magazine " Podium " qui va concurrencer sérieusement son pendant " Salut les copains ". Il part aux Etats-Unis pour enregistrer de nouvelles chansons. En 1972, il demande à Patrick Juvet de lui écrire un texte. Le lundi au soleil permet à Claude et à ses Clodettes d’exécuter une chorégraphie sautillante. C’est le moins qu’on puisse dire. La suite, ce sont de nouveaux succès : " Chanson populaire ", " Ca s’en va et ça revient", " Le mal-aimé " et l’incontournable " Le téléphone pleure " vendu à 2 millions d’exemplaires. Fulgurant, époustouflant ! Cela permet à Claude François à la réputation un peu ternie après le rachat du magazine de charme " absolu " de redorer son blason. Il se joint à des événements caritatifs, par exemple pour l’association " Perce-neige " de Lino Ventura qui vient en aide aux enfants handicapés. L'artiste vit sa vie à 100 à l'heure et sur tous les fronts. Claude François se partage entre ses nombreuses conquêtes féminines et les tournées dans le monde. Une sacré santé ! En 1978, alors que le disco connaît son apogée, il demande à Etienne Roda-Gil de lui écrire des chansons. Après quelques réticences, l’auteur attitré de Julien Clerc signe pour Clo-Clo " Magnolias for ever " et " Alexandrie Alexandra ". De nouveaux succès pour Claude François qui en profitera à peine. Il meurt le 11 mars 1978 électrocuté dans son appartement parisien.

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