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La maison de transition d'Enghien ferme ses portes: 10 emplois perdus et de l'argent public gaspillé

09 juin 2022 à 19:42Temps de lecture2 min
Par Thomas de Brouckère

La maison de transition d'Enghien (le long de la route d'Ath) ferme ses portes. Jusque fin 2021, cela faisait deux ans qu'elle accueillait des détenus. L'asbl Ce.R.A.I.C. a décidé de jeter l'éponge et d'abandonner sa gestion. 10 personnes perdent leur emploi.

L'intégration

Pour comprendre les raisons de cet abandon, il faut faire un retour en arrière sur l'historique de cette maison de transition d'Enghien. Un projet né en 2020 qui a pour but d'accompagner des détenus en fin de peine et ainsi faciliter leur réinsertion. La société privée G4S avait alors remporté l'appel d'offre lancé par le SPF Justice. Une quinzaine de détenus étaient pris en charge au sein de l'établissement. Fin de l'année dernière, G4S se retire et l'asbl Ce.R.A.I.C. se propose de prendre le relais.

Des subsides wallons

Le Ce.R.A.I.C. c'est le centre régional d'intégration. L'asbl opère sur toute la région du Centre et même plus loin. 
Elle est entièrement subsidiée par la région Wallonne et gérait la maison de transition depuis le 1er mars de cette année.  Elle n'accueillait cependant pas encore de détenus. Elle était sur le point de recevoir un subside de 900.000 euros du fédéral pour sa gestion mais a préféré tout arrêter juste avant. 

Des subsides incompatibles

Les raisons de cet abandon quelques mois à peine après avoir remporté l'appel à candidature s'explique notamment par les subsides pour gérer cette maison de transition. Selon Bruno Elicaste, l'administrateur délégué, l'asbl s'est lancé dans le projet par l'initiative seule de la directrice de l'asbl Micheline Liébin, sans concertation avec le bureau du Ce.R.A.I.C.

Le projet de la maison d'Enghien étant fédéral, ce sont des subsides fédéraux dont aurait bénéficié le Ce.R.A.I.C. mais l'asbl fonctionne depuis toujours grâce à des subsides de la Région wallonne. Des subsides incompatibles qui menaçait la survie même de l'asbl selon Bruno Elicaste.

Des emplois et de l'argent public

La directrice a donc été licenciée et l'asbl a fait marche arrière sur la maison de transition alors qu'elle avait déjà engagé 10 personnes (5 cdi et 5 cdd) et investi dans des véhicules notamment. Conséquence: une perte située entre 150.000 et 200.000 euros de subsides régionaux, de l'argent perdu et 10 personnes désormais sans emplois. Des anciens employés qui dénoncent aujourd'hui les raisons de leur licenciement et la perte d'argent public.

De l'espoir

Mais le projet de la maison de transition n'est pas abandonné pour autant. Interrogé en commission par la députée Sophie Rohonyi (Défi), le ministre de la justice Vincent Van Quickenborne (Open Vld), a confirmé qu'il y aurait bientôt un nouvel appel à candidature (le troisième) pour relancer cette maison de transition d'Enghien.

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