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Tendances Première

La médiation animale, une alternative aux thérapies classiques

03 mars 2022 à 12:00Temps de lecture4 min
Par Ann Vandenplas

Ca fait longtemps que j’avais envie de vous partager une expérience, il s’agit de ce qu’on appelle "  la thérapie avec animaux " ou " la médiation animale " ou encore " la zoothérapie ".

" Médiation animale " car l’animal n’est pas un thérapeute bien entendu, il intervient dans une relation triangulaire, il est facilitateur dans cette relation.  C’est encore hélas fort méconnu comme outil. Pourtant, il y a 200 ans en Belgique, on utilisait déjà des animaux dans les hôpitaux psychiatriques. Les médecins avaient constaté que ça apaisait les gens et qu’en s’occupant d’un animal, les malades s’occupaient mieux d’eux-mêmes.

Cette connexion avec l’animal est probablement d’ordre biologique. Nous sommes nombreux à nous attendrir devant un petit chiot comme devant un petit enfant. Ca active la fameuse hormone d’ocytocine, la notion de l’attachement. Il y a une proximité, une complicité qui s’installe souvent très vite avec en même temps, la qualité de non jugement de l’animal.

Que vous soyez prisonnier, baron, chômeur, ..il vous traitera pareil. Il y a une simplicité dans la relation, une fluidité loin de la complexité des relations humaines qui fait du bien.

Ann Vandenplas a échangé avec David Bertrand, psychologue et enseignant. Il donne un cours de " médiation animale " dans la formation d’éducateur spécialisé. Le cours a tout son sens car des psychologues, des infirmiers ou des éducateurs peuvent bénéficier de cet outil dans leur pratique à condition d’être formés bien entendu.

La zoothérapie est née dans les années 50 avec le pédopsychiatre Américain Boris Levinson. Il s’occupait d’un enfant autiste très perturbé. Et lors d’une séance, son chien était par hasard dans le cabinet. Le chien a approché l’enfant et l’enfant a commencé à parler au chien alors qu’habituellement, il était complètement mutique. L’idée a pris du temps à germer et Levinson a finalement écrit un premier article en 1961 intitulé " Le chien en tant que co-thérapeute ". D’autres articles et ouvrages ont suivi et la zoothérapie était née.

Selon David Bertrand, cela fait seulement une vingtaine d’années qu’il y a plus de recherches scientifiques sur le sujet et donc le recul n’est sans doute pas encore suffisant pour avoir la reconnaissance. Mais maintenant, on fait des essais cliniques et thérapeutiques et on analyse les résultats.

La médiation animale peut intervenir dans différents domaines

Au niveau des contextes, David Bertrand cite, par exemple, des prisonniers condamnés pour violence et qui " se réparaient ", apprenaient à être " sensibilisés " en étant en contact avec les animaux.

Mais on peut également citer pas mal d'autres cas :

  • Des séniors qui retrouvaient une sensation d’utilité en s’occupant d’animaux,
  • des enfants en difficulté ou en décrochage qui s’ouvrent plus facilement en présence de l’animal.
  • Des personnes souffrant d’un handicap et dont le contact avec l’animal dans son non jugement fait énormément de bien.
  • Des adolescents très mal dans leur peau pour qui l’animal peut devenir un allié silencieux qui ne pose pas de question et qui n’a pas d’attente. Si il s’agit de travailler la confiance en soi, on va par exemple faire des séances d’éducation de l’animal.

De manière générale, la médiation animale peut aider à :

  • Apprendre à se connaître, à s’exprimer, à communiquer
  • Développer la confiance en soi
  • Apprendre à s’affirmer
  • S’investir et trouver sa place dans une relation
  • Exprimer ses ressentis de manière confortable
  • Stimuler le corps et l’esprit
  • Apaiser des sentiments négatifs et diminuer le stress

Toutes les espèces ne conviennent pas

Tous les animaux n’ont pas la même sensibilité. Il faut que ce soit un animal familier qui peut développer un lien avec un humain, entrer en relation affective  (le chien, le chat, le cheval, la poule, le canard, le lapin, le cochon dinde,..).

Si on prend l'exemple du chien, il doit avoir une éducation de base et être équilibré. Cela veut dire qu’on a pu répondre à ses besoins et qu’il a envie d’aller vers l’humain et vers les autres animaux. Pas de réaction impulsive. Pas d’agressivité, avoir un certain seuil de tolérance et qui s’adapte facilement à de nouveaux concepts. Évidemment, il faut qu’ils puissent eux aussi profiter de ce contexte soit par des caresses ou de la nourriture.

 

 

Ann Vandenplas a tenté l'expérience. Son avis

 

"Alors moi j’ai toujours constaté que le contact avec les animaux me faisait un bien fou. Du coup, comme tout le monde, j’ai eu des périodes de vie où je voyais un psychologue et je voulais vraiment tester une séance avec un animal. ET sincèrement, aucun des thérapeutes que j’ai vu ne savait me guider, ils en avaient vaguement entendu parler. Et donc ça restait un peu mystérieux. Est-ce qu’on fait une séance avec le chien à côté de soi ? Ca ressemble à quoi une séance de médiation animale ?"

"Une amie à moi connaissait le centre IZIS. C’est un centre qui donne des formations en médiation animale aux praticiens et qui propose des formules de séance individuelle et collective. Cela s’adresse absolument à tout le monde. Quand on arrive, il y a des poules, un canard, des chiens, des lapins et on nous invite à voir avec quel animal on a envie de travailler.

Et déjà notre choix peut avoir du sens et permet d’aborder des questions plus profondes. Un ado par exemple qui ferait le choix d’un animal plus timide peut expliquer pourquoi il se reconnaît, peut-être que lui aussi se reconnaît dans ce comportement…

De mon côté, il y a un des chiens du centre avec qui ça a directement cloppé, alors on s’est installés avec la psychologue et a commencé cette fameuse séance triangulaire. Le chien ne m’a pas lâché de la séance et je me souviens qu’elle m’a dit que les animaux étaient très calmes et apaisés à mon contact. Ca m’a donné un sentiment d’être adéquate.

C’est aussi très particulier de discuter de choses difficiles avec cette vie autour de soi puisque les animaux gambadaient autour de moi dans la nature. Quelque chose est plus léger, plus doux. ET le fait de caresser un animal pendant que vous évoquez des choses plus compliquées est aussi très réconfortant.

Je pense que pour des parents qui ont un enfant par exemple qui s’est beaucoup renfermé sur lui-même et qui sont perdus, c’est une alternative à une thérapie plus classique à essayer.

Centre IZIS

 

                       https://www.centredezootherapie.be/

Tendances Première : Les Tendanceurs

La médiation animale, une alternative aux thérapies classiques. Avec Ann Vandenplas

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