Justice

"La menace en Europe reste extrêmement élevée", selon Laurent Nuñez, coordinateur français de la lutte contre le terrorisme

L'invité de Matin Première : Laurent Nunez

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01 juil. 2022 à 07:19 - mise à jour 01 juil. 2022 à 07:53Temps de lecture2 min
Par Alain Lechien avec Thomas Gadisseux

Les procès tels que ceux des attentats de Paris réveillent une partie de la menace, explique Laurent Nuñez, coordinateur français du renseignement et de la lutte contre le terrorisme, interrogé sur La Première : "La menace terroriste reste en Europe extrêmement élevée. Chaque attentat et chaque procès qui y est lié sont le moment de réexaminer les dispositifs de lutte antiterroriste et ils sont toujours perfectibles. Nous les adaptons en permanence pour les rendre plus performants. Cela passe par le renforcement de la coopération internationale en matière de lutte antiterroriste".

"Même si l’Etat islamique a été défait, il continue d’exister dans la clandestinité. Nous savons très bien qu’un certain nombre de combattants qui ont été en Syrie ou en Irak ont pu rentrer dans leur pays d’origine, dans la zone du Maghreb ou des Balkans, et n’ont pas forcément été judiciarisés comme ils le sont en France ou en Belgique. Ces combattants font l’objet de toutes nos attentions pour éviter des attaques projetées", poursuit-il. Il insiste aussi sur la "menace intérieure qui est extrêmement difficile à détecter. Il y a toujours une velléité de l’Etat islamique, voir d’al-Qaïda de nous frapper".

Avec la guerre en Ukraine, "en dessous du seuil de conflictualité militaire, on voit de plus en plus d’attaques hybrides se développer. Cela peut prendre la forme de manipulations de l’information, de diffusions de fausses informations auprès de nos opinions publiques, mais cela peut être aussi des cyberattaques qui peuvent avoir pour vocation de paralyser nos services publics, nos infrastructures. Ces velléités d’attaques augmentent dans les moments de tensions".

Laurent Nuñez explique aussi qu’il faut continuer de "suivre les individus qui ont été condamnés pour des faits de terrorisme" lorsqu’ils sont en détention. "Nos concitoyens comprendraient assez mal qu’on se désintéresse de leur devenir, de ce qu’ils pensent, de leur adhésion qui continue ou pas à la radicalisation. La façon dont chaque pays suit ces individus fait l’objet d’échanges analytiques" entre les services des différents pays. "Il faut être extrêmement attentif même à ceux qui ont été condamnés pour des pleines plus légères lorsqu’ils sortiront de détention", conclut-il.

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