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La nature, une ressource purement économique pour l’homme ?

© krisanapong detraphiphat

Dans le monde, 50.000 espèces sauvages répondent aux besoins de milliards de personnes dont près de 10.000 pour l’alimentation.

Véritable ressource pour l’homme, depuis plusieurs décennies la nature s’essouffle au profit de la rentabilité économique. C’est en tout cas les grandes lignes du dernier rapport de l’IPBES paru en juillet dernier.
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Qu’est-ce que l’IPBES ?

L’IPBES c’est un peu l’équivalent du GIEC pour la biodiversité, c’est-à-dire un groupe international de 82 experts des sciences naturelles et sociales, et détenteurs de connaissances autochtones et locales, ainsi que de 200 auteurs contributeurs, s’appuyant sur plus de 6200 sources.

Dans son dernier rapport, il mentionne un léger progrès dans la prise en compte des différentes valeurs de la nature puisque les études qui intègrent ces dimensions ont augmenté de 10% par durant les 40 dernières années. Ainsi sur la dernière décennie (2010 à 2020), les deux tiers (65%) des études portent sur l’amélioration de l’état de la nature et un tiers (31%) sur l’amélioration de la qualité de vie des êtres humains (31%). Les auteurs de l’IPBES déplorent néanmoins qu’elles reposent encore trop souvent sur la valeur économique et utilitaire de la nature. Ils estiment que " 74% des études d’estimation des valeurs se sont centrées sur les valeurs instrumentales, 20% sur les valeurs intrinsèques et seulement 6% sur les valeurs relationnelles. "

La biodiversité est en train de disparaître et les contributions de la nature aux populations se dégradent plus rapidement qu’à n’importe quel autre moment de l’histoire de l’humanité.

Ana María Hernández Salgar, présidente de l’IPBES

Les auteurs identifient quatre " points de levier " centrés sur les valeurs qui peuvent aider à créer les conditions du changement transformateur nécessaire pour un avenir plus durable et plus juste :

  • Reconnaître les diverses valeurs de la nature
  • Intégrer l’évaluation dans la prise de décision
  • Réformer les politiques et les réglementations pour intérioriser les valeurs de la nature
  • Changer les normes et objectifs sociétaux sous-jacents pour les aligner sur les objectifs mondiaux de durabilité et de justice
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Des pistes de solutions

Parmi les pistes évoquées dans son rapport, l’IPBES propose de :

  • Développer des moyens de lutte contre le commerce illégal d’espèces qui génère chaque année jusqu’à 199 milliards de dollars ;
  • Protéger les peuples autochtones qui réussissent à concilier usage et préservation des milieux sauvages (ces populations tirent avantage d’espèces sauvages sur plus de 38 millions de km2 de terres, soit l’équivalent d’environ 40% des aires terrestres conservées, dans 87 pays) ;
  • Mener des politiques aux niveaux internationaux, national, régional et local qui soutiennent des droits fonciers sûrs et un accès équitable aux terres, aux pêches et aux forêts ;
  • Réduire la pêche illégale, supprimer les subventions financières nuisibles, soutenir la pêche artisanale et s’adapter aux modifications de la productivité océanique dues au changement climatique.

Ce rapport et un autre rapport de l’IPBES publié le 11 juillet 2022 sur "les valeurs et l’évaluation de la nature" serviront de base de réflexions lors de la future COP15 sur la biodiversité qui se tiendra à Montréal au Canada du 5 au 17 décembre 2022.

 

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