RTBFPasser au contenu
Rechercher

Patrimoine

La passion des trains nippons et ses dérives

Ces images, publiées dans des magazines de niche à destination des toritetsu, montrent souvent une vue des trains sans "intrus" (barrières, arbres, passagers…)
28 mars 2022 à 13:28Temps de lecture2 min
Par Ségolène Misselyn

Foules, altercations et parfois même agressions. Les légions de fanatiques de trains au Japon sont le plus souvent d’inoffensifs passionnés mais certaines dérives commencent à être pointées du doigt.

Les trains nippons sont depuis longtemps admirés au Japon et dans le monde entier pour leur technologie de pointe, leur ponctualité et leurs grilles d’horaires méticuleuses. Le Japon comptait quelque cinq millions de ces fans en 2015, selon Nobuaki Takada, consultant pour la compagnie NRI Social Information System Services.

La plus célèbre de ces tribus de passionnés est celle des "toritetsu". Connus pour exister depuis des décennies, ceux-ci attirent l’attention ces dernières années pour leurs altercations, leurs intrusions dans des zones interdites et même des violences.

Loading...

Quête du cliché parfait

"Les comportements ont empiré, c’est sûr", déplore Masao Oda, photographe amateur de convois ferroviaires depuis 50 ans. Selon le journaliste spécialisé Jun Umehara qui a travaillé pour l’un des plus célèbres magazines ferroviaires au Japon, le comportement de plus en plus agressif de certains toritetsu est lié à leur quête du cliché parfait.

Toujours selon lui, ce comportement s’explique aussi par un moins grand nombre de locomotives mises à la retraite. "Chaque train a son baroud d’honneur qui, pour eux, est la dernière pièce du puzzle pour leur collection de photos". "L’idée de ne pas avoir cette dernière pièce est presque intolérable", ajoute-t-il.

Loading...

"Les toritetsu sont une culture"

Le développement urbain a aussi fait disparaître certains "spots" à images, rendant encore plus difficile la prise de photos s’approchant de celles qu’ils considèrent comme des références.

Ces images, publiées dans des magazines de niche à destination des toritetsu, montrent souvent une vue des trains sans "intrus" (barrières, arbres, passagers…)

Face aux fans s’aventurant dans des espaces interdits, les compagnies ferroviaires ont souvent dû accroître la sécurité de leurs installations.

La compagnie JR East, desservant toute la moitié nord de l’île principale du Japon, y compris sa capitale, a cependant renversé la vapeur l’an dernier en lançant un fan-club pour les passionnés de trains.

"Plutôt que de les traiter comme nos ennemis, nous voulions bâtir une bonne relation avec eux", pour que cette communauté casse les préjugés, dit-il en citant en exemple les fans de manga et d’animation.

"Les toritetsu sont une culture, et j’espère que cette image va changer", dit M. Yamamoto, responsable du projet.

Sur le même sujet

L’histoire des chemins de fer belges racontée dans un livre pour enfants

Littérature

Grâce à l’architecte japonais Shigeru Ban, les réfugiés ukrainiens récupèrent un peu d’intimité

Exposition - Accueil

Articles recommandés pour vous