La Grande Forme

La péridurale : anesthésie pas uniquement consacrée à l'accouchement

La péridurale

© Getty Images

Lorsqu’on pense péridurale, on pense généralement à l’accouchement. Or cette technique d’anesthésie locorégionale, utilisée pour atténuer voire supprimer la douleur, est également possible pour d’autres opérations. Plus d’explications avec le Dr Nicolas Smal, anesthésiste au CHC Montlégia à Liège.

La péridurale fait référence à l’espace dans lequel travaille l’anesthésiste. La moelle épinière est contenue dans une enveloppe appelée "la dure-mère". Cette dure-mère est elle-même contenue dans l’espace péridural : un espace graisseux, entouré de liquide céphalorachidien et par lequel passent les nerfs qui vont partout dans le corps, explique le Dr Nicolas Smal, anesthésiste au CHC Montlégia à Liège.

Avant la ponction péridurale, une anesthésie locale est pratiquée. On endort la peau pour que ce soit plus confortable pour le patient. Pour procéder à une péridurale, l’anesthésiste place un cathéter (un petit tuyau en plastique) dans l’espace péridural. Pour arriver jusque-là, il faut faire une ponction avec une aiguille à travers laquelle on fait passer un tuyau en plastique. On laisse ensuite le cathéter en place pour y injecter les produits nécessaires durant tout le travail. Il existe plusieurs techniques, mais l’espace est tellement petit que le ressenti pour le patient n’est pas tellement différent.

Comme pour tous les actes médicaux, il y a des contre-indications qui visent à éviter les effets secondaires qui peuvent être graves. "Les deux grosses complications qu’on souhaite éviter ce sont d’une part les infections et d’autre part, les saignements" explique le Dr Smal. La péridurale n’est pas une anesthésie qu’on improvise. Elle nécessite d’être mise au point au préalable. Mieux vaut éviter :

  • Les patients qui présentent un risque infectieux ou qui ont une infection à l’endroit du travail.
  • Les patients ayant des troubles de la coagulation. Il faut évaluer le risque de poser un cathéter de péridurale à cet endroit-là.
  • Les patients qui ont des problèmes neurologiques et de moelle épinière. Lorsque le système nerveux est déjà faible, il faut en discuter avec le neurochirurgien qui suit le patient.

La péridurale est utilisée en salle d’opération. En fonction du niveau qu’on choisit, on va pouvoir endormir certaines parties du corps. Par exemple, pour une chirurgie du foie, on place la péridurale un peu plus haut.

En Belgique, pour les accouchements, 60 à 70% des femmes utilisent la péridurale. Les patients doivent être informés avant une péridurale. L’anesthésiste explique les avantages et les inconvénients. La péridurale ne peut se faire qu’avec le consentement éclairé du patient.

Comme tout acte chirurgical, le risque zéro n’existe jamais, mais les effets secondaires et les complications graves sont très rares. Le risque d’événements graves tels que des hématomes, une infection ou une lésion nerveuse arrive une fois sur 250 à 500.000. Par contre, il existe des effets secondaires courants, bénins et temporaires :

  • Chute de tension dans les minutes qui suivent. Il suffit de changer de position.
  • Des céphalées peuvent apparaître immédiatement ou dans les jours qui suivent l’opération.

Les effets se dissipent dans les heures qui suivent. On enlève ensuite le cathéter. Le lendemain, le patient retrouve 100% de sa mobilité et sa motricité.

Retrouvez "La Grande Forme" en direct du lundi au vendredi de 13 heures à 14h30 sur VivaCité. Vous avez manqué l’émission ? Nous vous invitons à la revoir sur Auvio ainsi que sur différentes plateformes de Podcast.

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