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Monde Amérique du Nord

La police d'Ottawa menace par tract les manifestants d'arrestation

Des policiers patrouillent rue Wellington à Ottawa, le 16 février 2022

La police d'Ottawa a averti mercredi par tract les camionneurs qui paralysent toujours le centre-ville d'Ottawa qu'ils risquaient d'"être arrêtés" s'ils poursuivaient leur mouvement de contestation contre les mesures sanitaires, qui dure depuis 20 jours.

"Vous devez quitter les lieux maintenant. Quiconque bloquant les voies de circulation, ou aidant d'autres à le faire, commet une infraction criminelle ou peut être arrêté", est-il écrit sur ce document que des policiers ont distribué aux contestataires.

"Nous n'allons pas utiliser la force", a déclaré aux journalistes mercredi le Premier ministre Justin Trudeau. "On a maintenant donné plus d'outils aux forces de l'ordre, à la police locale... ", a-t-il ajouté, estimant qu'il était "temps que cela finisse".

Des centaines de camions sont toujours stationnés dans les rues du centre-ville de la capitale fédérale. Jan Grouin, 42 ans, camionneur présent depuis le début du mouvement, regrette que Justin Trudeau ne vienne pas leur parler. Etre délogé cette semaine "serait une surprise", avance-t-il.

Le chef de la police remplacé après sa démission

Pourtant, le nouveau chef de la police de la ville s'est montré confiant mardi. "Je suis convaincu que nous avons atteint le tournant", a estimé Steve Bell. "Avec les nouvelles ressources, les outils que le gouvernement provincial et le gouvernement fédéral ont mis en place, je crois que nous avons les capacités de mettre fin à cette occupation en toute sécurité", a-t-il ajouté.

Le même jour, le chef de la police d'Ottawa Peter Sloly, vivement critiqué pour sa gestion de la crise, avait démissionné.

A Emerson, au Manitoba, dernier blocage d'un axe frontalier en place, la police a estimé mercredi que le passage vers les Etats-Unis serait rouvert dans "quelques heures".

Devant cette crise nationale, le Premier ministre Justin Trudeau a invoqué lundi le recours à la loi sur les mesures d'urgence, une disposition qui permet d'avoir recours à des "mesures extraordinaires".

C'est seulement la deuxième fois que cette disposition est utilisée en temps de paix, la dernière fois remontant à la crise de 1970 quand Pierre Elliott Trudeau, le père de l'actuel Premier ministre, était au pouvoir.

Minimisé au départ par les autorités, le mouvement de contestation canadien qui a débuté fin janvier est parti de camionneurs protestant contre l'obligation d'être vacciné pour passer la frontière entre le Canada et les Etats-Unis.

Mais les revendications se sont étendues à un refus de l'ensemble des mesures sanitaires et, pour de nombreux manifestants, à un rejet du gouvernement de Justin Trudeau.

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