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La police nord-irlandaise accusée de collusion dans onze meurtres loyalistes à Belfast, dans les années 90

Les attaques ont notamment été perpétrées par les Ulster Freedom Fighters (UFF) (photo de 2001)

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08 févr. 2022 à 10:15Temps de lecture1 min
Par Belga

La police nord-irlandaise a fait preuve de "comportements collusoires" dans une série de meurtres et tentatives de meurtres commis par des groupes paramilitaires loyalistes à Belfast dans les années 1990, en pleine période de violences dans la province britannique, a affirmé mardi la médiatrice de la police.

Pendant trois décennies, des premiers troubles en 1968 à la signature de l'accord de paix du Vendredi Saint, le 10 avril 1998, l'Irlande du Nord a été déchirée par un conflit opposant républicains en majorité catholiques et unionistes protestants.

Destruction de fichiers, incapacité d'exploiter des preuves

Dans un rapport de 344 pages, la médiatrice, Marie Anderson, a examiné l'attitude de la police nord-irlandaise concernant huit attaques attribuées à l'Ulster Defence Association (UDA) ou aux Ulster Freedom Fighters (UFF), des groupes paramilitaires loyalistes.

Onze personnes ont été tuées lors de ces attaques, dont cinq dans une agence de paris située dans une zone républicaine le 5 février 1992.

Dans un communiqué, Mme Anderson s'est déclarée "profondément préoccupée" par l'ampleur et l'étendue des manquements identifiés au cours de cette "enquête longue, complexe et délicate".

Elle a estimé que les préoccupations soulevées par les familles des victimes et les rescapés des attaques concernant l'attitude de la police étaient "légitimes et justifiées".

Parmi les défaillances identifiées, l'échec de la police à alerter deux hommes de menaces de mort, la destruction délibérée de fichiers relatifs à l'attaque commise dans l'agence de paris et l'incapacité de la police à exploiter des éléments de preuve.

Le rapport pointe aussi du doigt le recours "continu" et "injustifiable" à des informateurs impliqués dans des crimes graves comme des meurtres, condamnant l'attitude de la police qui consistait à "fermer les yeux" sur de telles activités.

La police nord-irlandaise, PSNI, s'est excusée auprès des familles de victimes pour les "manquements identifiés" par le rapport.

 

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