La "Quatre-Saisons" n'est pas (encore) cuite

Philippe Walkowiak

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07 sept. 2020 à 10:47 - mise à jour 07 sept. 2020 à 10:47Temps de lecture2 min
Par Philippe Walkowiak

Dix jours. Il reste dix jours à vivre au gouvernement Wilmès 2, un exécutif n’ayant que pour seule raison sociale de coordonner la lutte contre le Covid-19. Près de 500 jours après le scrutin de mai 2019, 650 jours après la chute du dernier gouvernement fédéral, la Belgique est-elle sur le point de tourner la page de la plus longue crise politique de son histoire ? Peu s’en rendent compte mais la réalité est bien celle-là.

Ni cohérence

Le principal avantage de la pizza Quatre-Saisons, c’est qu’on peut y retrouver un peu de tout. Chacun peut même déterminer son ingrédient préféré voire en ajouter à sa guise.

Le gouvernement en gestation n’échappera pas à cette recette politique finalement très belge du " un peu de tout " où chacun n’est finalement pas tout à fait satisfait ni tout à fait mécontent. Finalement, seul le dernier gouvernement Michel présentait une certaine cohérence idéologique, sur le plan socio-économique principalement, la coalition s’étant fracassée sur la valeur à accorder aux phénomènes migratoires.

À nouveau, cette fois, si cette énième tentative aboutit, il ne faudra pas chercher la cohérence idéologique. Ce sera un peu de tout et beaucoup de promesses.

Ni programme

Le programme du putatif prochain gouvernement tiendra en effet sur un timbre-poste. Les discussions sur le casting, la répartition des compétences et l’attribution du poste de Premier semblent d’ailleurs prendre plus de temps que le contenu de la future action gouvernementale.

Le cadre budgétaire très flou autorisé par l’Europe permet toutes les approximations. Ce sera un gouvernement du " on verra bien ".

On verra bien comment on financera tout ce qui a déjà été annoncé dans l’action contre les effets socio-économiques du Covid-19 et ce qui est d’ores et déjà prévu pour la Sécu, on verra bien comment on peut sortir du nucléaire, comment lutter contre le réchauffement climatique, comment assurer une politique migratoire, comment mener des réformes institutionnelles sans majorité des 2/3 et avec de profondes divergences, comment gérer les dossiers éthiques, comment retrouver un équilibre budgétaire, gérer les états d’âme du CD&V, comment gouverner sans légitimité démocratique dans la plus grande communauté du pays, etc.

On verra bien…

Certes l’avenir est incertain et cela permet certaines latitudes.

Le gouvernement Michel avait mis trois mois à concocter son programme, alors que les partenaires partaient sur des bases idéologiques proches. Cette fois, on nous annonce un programme réalisé en deux semaines.

On verra bien… la Belgique se contentera de la Quatre-Saisons qu’on lui servira (ou pas).

@PhWalkowiak

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