RTBFPasser au contenu

On n'est pas des pigeons

La reconnaissance de l'ostéopathie: une question de protection du praticien et du patient

Chiropractor adjusting a young woman's spine.
22 mars 2022 à 11:55 - mise à jour 22 mars 2022 à 14:303 min
Par On n'est pas des pigeons

Environ un million de Belges par an font appel à l'ostéopathie pour soulager maux de dos, à la tête, aux articulations, ou au niveau du système digestif. Pourtant, la profession n'est pas encore reconnue. Cette absence de statut n'est pas sans conséquence pour le patient et le praticien.

Vous avez sans doute déjà consulté un ostéopathe. Et bien qu'il vous ait même été recommandé par votre médecin, votre séance n'a pas été entièrement remboursée. Contrairement à la kinésithérapie, l'ostéopathie est considérée comme une médecine alternative. Or un manque de règlement entraîne certaines dérives. Il n'est pas rare de tomber sur des charlatans !

D'abord, en quoi diffèrent la kinésithérapie et l'ostéopathie ?

Julien Bosc, ostéopathe, et directeur osteopathie.be, décrit sa discipline comme une "approche globale de l'individu, cette vision d'ensemble d'unité du corps". Un patient qui consulte pour un souci au genou, explique-t-il, "on peut se retrouver à travailler le dos ou l'épaule, des articulations qui sont en relation". L'ostéopathe va chercher à établir la cause. Par ailleurs, souligne-t-il, les ostéopathes ont l'habitude de collaborer avec l'entité du corps médical, avec les médecins généralistes. 30% de leurs patients, précise Julien, sont envoyés par les médecins généralistes.

Walid Salem, professeur en ostéopathie, Faculté des Sciences de la Motricité, définit l'ostéopathie: "L'ostéopathe n'utilise que ses mains, tandis que le kinésithérapeute va utiliser ses mains plus des instruments."

L'ostéopathie n'est toujours pas reconnue: patients et praticiens en paient les pots cassés

Les médecines non conventionnelles définies par la loi Colla qui date de 1999 sont au nombre de quatre : l'ostéopathie, la chiropractie, l'acuponcture et l'homéopathie. Cette loi n'est toujours pas d'application faute d'accord politique. C'est la raison pour laquelle l'ostéopathie n'est toujors pas reconnue à l'heure actuelle. Depuis 22 ans, ce dossier est sur la table, mais n'avance pas.

Cette situation a des répercussions pour le patient en termes de remboursement, de sécurité, de reconnaissance de la pratique même de l'ostéopathie. Quant à l'ostéopathe, cela impacte la protection du titre, ses droits et ses obligations. Les mutuelles remboursent de nos jours 10 à 15€ sur les 50 à 70€ de la consultation. A condition que l'ostéopathe soit lui-même reconnu par la mutuelle. Des assurances privées remboursent jusqu'à 80% des honoraires. Grâce à ce nouvel élément, Julien Bosc a constaté une forte augmentation du nombre de consultations ces dernières années.

C'est au politicien de trouver la solution de réglementer la profession pour protéger tout le monde.

Walid Salem abonde dans le même sens : "C'est au politicien de trouver la solution de réglementer la profession pour protéger tout le monde. Protéger le praticien et protéger le patient."  Sa conclusion:" Tout le monde est victime, finalement, de la non décision politique pour règlementer notre profession."

Passer de la méfiance à la validation de preuves scientifiques

Walid Salem souligne que dans le milieu médical spécialisé, il arrive que l'ostéopathe soit considéré comme un charlatan. Pour lui, c'est du au fait que souvent, l'ostéopathie est restée "occulte". On lui reproche l'absence de "preuves scientifiques".

Une rigueur scientifique pourrait à terme découler de la formation d'ostéopathes depuis 2004 par l'ULB, l'Université Libre de Bruxelles. En effet, seules des écoles privées formaient à l'ostéopathie jusqu'à cette date.

Les ostéopathes belges se sont fixé le défi de créer une filière d'ostéopathie, et d'établir des preuves scientifiques de l'efficacité de la discipline. Pour cela, ils ont cherché l'aide de la Faculté de médecine. La formation "de cadres, de chercheurs, de doctorants, qui vont ... montrer la validité de ces modèles.", assure Walid.

Qu'apporterait la reconnaissance ?

Une reconnaissance permettrait un meilleur encadrement de la profession et l'assurance pour les patients de se sentir entre de bonnes mains.

Sur le même sujet

21 févr. 2022 à 12:47
2 min

Articles recommandés pour vous