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La revue de presse : budget fédéral, erreur ou transparence ?

La revue de presse

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18 nov. 2022 à 08:30Temps de lecture4 min
Par Nicolas Vandenschrick

Au-delà de "l’erreur matérielle" reconnue par la secrétaire d’Etat au budget, la presse s’interroge : Eva de Bleeker s’est-elle montrée trop transparente ?

Pour un budget, gagner en une soirée 1 milliard 7, c’est finalement une bonne nouvelle. A lire la correction apportée par la secrétaire d'Etat au budget, la Belgique a réduit son déficit de 6,1% à 5,8% du PIB.

Il s’agissait d’une "erreur matérielle" a fait savoir le Premier ministre Alexander De Croo. Les chiffres communiqués par Eva De Bleeker n’étaient pas les bons.

La presse a quelques difficultés d'accepter telle quelle cette explication.

La Libre, ainsi, en titre, s’interroge : "De Bleeker trop transparente ou serial gaffeuse ?"

 

Le raisonnement de De Bleeker, écrit De Tijd, c’est qu’il faut espérer le meilleur, mais se préparer au pire. Le raisonnement du Premier, c’est "évitons le pire et inscrivons le meilleur dans les chiffres." En somme, lit-on dans l’édito, la secrétaire d’Etat n’a pas pris en compte dans ces chiffres, des revenus qu’elle jugeait encore incertains.

Il faut comprendre, juge De Standaard qu’un budget contient toujours une part d’incertitude. Depuis longtemps, les Gouvernements belges font preuve d’une certaine créativité en la matière. Ici, la secrétaire d’Etat paye (seule) d’avoir voulu se montrer réaliste quand le Premier ministre lui demandait d’être optimiste.

Politiquement, était-ce bien malin d’exposer ainsi publiquement son désaccord ? se demande De Morgen. Ce comportement a au moins le mérite d’être juste et plutôt prudent même. Il y a même quelque chose de très rafraîchissant au sein du monde politique, voir une élue pousser la vérité inconfortable jusque sous le nez des parlementaires.

Impréparation coupable

Au-delà de la dimension politique, pour la presse, c’est aussi le signe que les caisses sont vides. "La crise énergétique a poussé les gouvernements à adopter des mesures de soutien alors qu’en réalité, ils n’ont pas les marges", pas les sous pour le faire. C’est une affaire sérieuse, car même si cette seule question énergétique venait à se résoudre, il y aura ensuite la question du vieillissement de la population, celle du réchauffement climatique. Le gouvernement le sait. Tout comme il sait qu’il n’aura pas droit à l’échec.

Ce qui pose problème, juge De Morgen, c’est la manière de s’y préparer – ou de ne s’y préparer que du bout des lèvres, sans ressentir d’urgence face aux crises. Seule issue ? La crainte d’une sanction européenne "à l’ancienne". Mauvais budget ? Pas de fonds d’investissement européen.

On pensait que la période serait importante. Significative pour l’équipe fédérale. Voyez ce qu’il en ressort, ajoute encore De Morgen.
Même si l’on laisse de côté cette question de chiffre, la crise de l’accueil est là. Inutile de se montrer moralisateur en la matière, il suffit de constater que notre pays laisse à la rue les plus vulnérables pour voir à quelle hauteur nous avons fixé la limite de l’acceptable.
Le Soir établit le même constat : "ni les condamnations de la Justice belge, ni celles de la Cour européenne des Droits de l’Homme, ni même les astreintes n’y font rien. Notre pays est dans ce domaine hors la loi. Et il s’en moque." Il en va pourtant là de la vie d’êtres humains.
Le Soir l’écrit en titre : honte pour cette Belgique multirécidiviste en la matière.

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