Coronavirus

La revue de presse : la question de la fermeture des écoles divise, jusque dans les journaux

03 déc. 2021 à 10:10Temps de lecture3 min
Par Estelle De Houck avec Aline Goncalves

Dans la presse comme dans la société, se dégagent deux camps. D’un côté, il y a des éditorialistes qui voudraient garder les écoles ouvertes, comme les ministres flamands et francophones de l’enseignement. De l’autre, ceux qui pensent qu’il est temps de les fermer, comme les experts du GEMS qui recommandent une période de "refroidissement" de dix jours.

C’est le cas du Standaard. Selon le quotidien, on a atteint un niveau de contamination tel que le Comité de concertation n’a tout simplement plus d’autre choix que de fermer l’enseignement primaire pour un certain temps.

Le journal ajoute que cela reste une option terrible, d’autant plus que d’autres activités pour les enfants pourraient être aussi suspendues.

Même son de cloche pour Het laatste nieuws. Selon le quotidien flamand, c’est un beau principe de vouloir préserver les enfants. Sur ce point, tout le monde est d’accord.

Mais ces grands principes, il est temps désormais de les mettre de côté et d’opter pour les mesures les plus efficaces. "Si le virus se propage aujourd’hui principalement dans les écoles, il est malheureusement plus logique d’intervenir à cet endroit", écrit le journal.

La vaccination obligatoire

Au-delà du cas des écoles, la question de la vaccination obligatoire refait débat dans les journaux.

"Il n’est plus certain que nous puissions nous offrir le luxe de continuer à faire preuve de compréhension à l’égard de ceux qui refusent la vaccination." Voici les mots assez durs de l’éditorialiste du Tijd.

"Les vaccins ne sont pas miraculeux, mais ils contribuent de manière significative à réduire le nombre d’infections et à alléger la pression sur les services de soins de santé." Si on a choisi jusqu’ici de miser sur la persuasion, sur un équilibre entre la lutte contre le virus et le respect d’une minorité qui se sent déjà acculée, et bien cet équilibre est en train de basculer. Les hôpitaux sont sous pression.


►►► À lire aussi : Comité de concertation : l’incertitude plane toujours quant à une possible fermeture des écoles


Le Tijd pose alors cette question difficile : le Comité de concertation ne devrait-il pas être plus strict envers ceux qui ne veulent pas se faire vacciner ? A l’instar de ce que l’Allemagne a décidé. Parce que la compréhension a ses limites, et elle commence à s’épuiser.

Troisième comité de concertation en deux semaines

Ce troisième comité de concertation convoqué en deux semaines n’a donc pas laissé la presse indifférente.

"Il est temps de quitter cette gestion à la petite semaine et de prendre des mesures pérennes", énonce L’Echo. Et il n’est pas le seul. "Il faut oser la vision sanitaire". Entendez : construire une gestion à plus long terme, puisque nous sommes condamnés à subir cette crise encore quelques années.

Et le quotidien prend comme exemple les détecteurs de CO2 et la ventilation, dans les classes et ailleurs, qui ne sont implémentés qu’au compte-gouttes.

Quant au personnel soignant, dont la carrière ne fait plus rêver, et dont la pénurie nous prive de 200 lits de soins intensifs, là non plus rien ne semble bouger.

La communication enfin, qui devrait se construire sur base de phases, de seuils, qui déclencheraient automatiquement des mesures précises (pour ne pas agir chaque fois trop tard), cela a été tenté. On a instauré un moment le fameux baromètre, mais il a vite été abandonné.

"Oser la vision sanitaire pour ne pas perdre la population", conclut l'Echo.

On agit face à la pandémie comme une poule sans tête

De son côté, la Dernière Heure écrit : "On agit face à la pandémie comme une poule sans tête."

"Comme des poules sans tête", c’est la même expression utilisée par Le Soir qui parle aussi de "football panique".

Le Soir qui dénonce également l’absence de baromètre et le fait qu’il n’y a pas de stratégie à moyen et long terme.

Attention, ces quotidiens ne rejettent pas toute la responsabilité sur nos dirigeants. "C’est la faute au virus, d’abord et avant tout", rappelle Le Soir.

La présidentielle française

Outre le comité de concertation, on trouve un peu de politique française au menu de nos journaux.

"Pécresse face à Ciotti, le duel inattendu pour la primaire LR en France". C’est en une de La Libre, mais aussi bien sûr des quotidiens français.

"Ciotti et Pécresse en duel pour incarner la droite". "Ligne droite, ligne claire", estime Le Figaro. Avec ces deux-là, "La droite se présentera en ordre de marche".

Dans Libération, on estime que ces deux candidats se sont laissés "enfermer pendant la campagne dans ce triangle infernal identité, immigration, sécurité". "Tous, affolés par la percée cet automne d’Eric Zemmour, ont raidi leur discours"

Le quotidien français voit deux candidats abîmés.

En une, ce titre : "Pécresse-Ciotti : LR austère". Et cette image en pleine page.

On y voit les portraits des deux intéressés, Valérie Pécresse et Eric Ciotti, côte à côte. Leurs visages sont collés sur des corps habillés de vêtements stricts, d’un autre temps, cols fermés jusqu’au dernier bouton. Allusion à un tableau de l’américain Grant Wood, "American Gothic".

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