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La revue de presse : le débat nucléaire mérite mieux que cela

La revue de presse

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Pour la presse, au vu des enjeux énergétiques actuels, ce débat mérite mieux que les gesticulations politiques auxquelles les commentateurs ont assisté.

"On croyait avoir tout vu, écrit le Soir. On s’est trompé !"

Il y a deux jours, après s’être réconcilié avec son équivalent flamand, le Président du MR réaffirmait sa confiance dans le Premier ministre, sa volonté de faire fonctionner le gouvernement et son engagement à mieux aligner les positions des bleus de la Vivaldi via un dialogue permanent et des réunions régulières. On avait bien des doutes, admet le Soir. Mais, enfin, on n’avait pas imaginé, pas vu venir, soupçonné, pensé, cru qu’être constructif et loyal pour le parti libéral francophone, consistait à forcer le gouvernement à changer de cap sur une de ses politiques clefs : l’énergie et le nucléaire. Et à tenter de le faire via une majorité alternative au Parlement.

Bien sûr il n’y a rien d’illégal, "rien d’antidémocratique à prendre des initiatives législatives." Même à la frontière de la majorité. Au contraire, c’est précisément le rôle et l’utilité d’un parlement. Mais, pour De Standaard, même dans cet espace de création législative, il importe de respecter des règles. Comme, par exemple, l’accord de coalition.
Dès lors que le MR vient déposer un projet de loi contraire à cet accord, il quitte le chemin de la politique responsable. C’est allé beaucoup trop loin, juge le quotidien. Un conflit comme celui-là revient à brûler toute loyauté. C’est le genre de geste qui provoque une chute de gouvernement.

Pourtant, — car l’histoire n’est pas tout à fait terminée — le président du MR a finalement reculé. Ce n’était soudainement plus son intention de former une majorité alternative susceptible de dynamiter l’exécutif. Le projet de loi, retiré de l’agenda, serait rangé dans un tiroir.

C’est, reprend l’éditorialiste du Soir, du jamais vu en politique. Du grand n’importe quoi, servi par une sacrée dose d’hypocrisie. Il ne s’agit même plus de petits jeux mais de dérives qui creusent le rejet de la politique en rendant son exercice illisible et puéril.
Certes, constate L’Avenir, le président du MR est finalement rentré dans le rang. Mais la question se pose : "la Belgique a-t-elle vraiment besoin de ces jeux politiques alors que des milliers de citoyens font face à d’impayable facture ?" A l’ère d’une nécessaire realpolitik, prendre le risque d’atomiser le gouvernement fédéral sur cette question énergétique et plonger dans un chaos politique relève du surréalisme.
 

Mais qu’est-ce qu’il a, ce Georges ?

Quel était le but de cette manœuvre, s’interroge encore De Standaard. "A quoi joue le président du MR sinon à menacer sa propre coalition ?" Il lance une fusée éclairante qui crépite puis s’éteint. Allons, dit De Standaard, Cela ne peut pas continuer ainsi, sans quoi viendra un moment où il ne sera même plus utile de rapporter et de discuter des évènements politiques. Nous y sommes presque arrivés .

D’autant, et toute la presse qui commente ces évènements le souligne, la sortie ou le maintien du nucléaire reste, dans les temps énergétiques difficiles actuels, un enjeu crucial. La question de la place du nucléaire est évidemment stratégique, ajoute Le Soir. Trop stratégique, précisément, pour être le théâtre d’une telle dégradation des mœurs politiques et de la gouvernance.

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