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La Russie tente à nouveau d’influencer les électeurs américains sur Facebook et Twitter

Les tentatives russes d’influencer les électeurs américains se poursuivent, mais sont désormais plus difficiles à détecter.
02 sept. 2020 à 14:52Temps de lecture2 min
Par D.F. et AFP

La Russie tente à nouveau d’influencer l’issue de la présidentielle américaine du 3 novembre. Facebook et Twitter viennent de désactiver une série de comptes ciblant les électeurs démocrates. Ces comptes relayaient des contenus tendancieux créés de toutes pièces par une agence russe.

Créée par un proche de Vladimir poutine, l’Internet Research Agency (IRA) semble avoir perfectionné ses méthodes depuis la révélation de ses ingérences dans la présidentielle américaine de 2016. Elle avait alors inondé les réseaux sociaux de messages en défaveur de la candidate démocrate Hillary Clinton. Une ferme à trolls établie à Saint-Pétersbourg était chargée d’alimenter les réseaux en permanence dans les semaines qui ont précédé le scrutin.

Les pigistes ignoraient pour qui ils travaillaient

Cette fois, l’Agence a créé un site d’information en anglais, PeaceData, dont la ligne est clairement progressiste. PeaceData se fait passer pour un média indépendant qui traite de la corruption, du réchauffement climatique, des droits humains et promet de dévoiler des " sujets qui sont cachés au grand public ".

La page d’accueil de PeaceData, ce 2 novembre 2020.
La page d’accueil de PeaceData, ce 2 novembre 2020. D.R.

Les articles sont en partie écrits par de vrais journalistes anglophones, souvent de tout jeunes pigistes recrutés en ligne. Ils ignoraient qu’ils travaillaient pour une agence russe. Le FBI a également repéré des rédacteurs à l’identité purement virtuelle, dont les avatars ont été créés par intelligence artificielle. "Ils ont considérablement investi dans la création de faux individus, avec une personnalité et des photos de profil, pour leur donner une apparence légitime et réelle", a expliqué Nathaniel Gleicher, le directeur des règlements sur la sécurité de Facebook.

Dissuader de voter pour le ticket démocrate

Le but était d’attirer un public démocrate pour de futures opérations de manipulation. Quelques articles tentent déjà de semer le doute sur l’engagement à gauche du duo démocrate Biden-Harris. PeaceData apparaît donc comme un site progressiste qui, au final, dissuade de voter pour les candidats de l' " establishment " du parti démocrate.

Cette opération a été dévoilée à un stade précoce, avant qu’elle n’atteigne l’ampleur recherchée. Facebook a désactivé un réseau de 13 comptes et pages liées à l’IRA. Twitter a de son côté suspendu 5 comptes pour une "manipulation que nous pouvons attribuer de façon fiable à des acteurs liés à l’Etat russe".

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Le site PeaceData est toujours en ligne et a publié un article de démenti des accusations portées contre lui : " Nous sommes convaincus que les médias d’entreprise et leurs marionnettistes veulent détruire notre journalisme et nous faire taire à jamais pour avoir dit la vérité à leur sujet ", peut-on lire. " Ne croyez pas un seul mot de leur part. Ils détestent la vérité et veulent qu’elle disparaisse. Nous ne le leur permettrons pas. " Le site comporte également une section en arabe, comprenant des articles au contenu anti-occidental et anti-turc.

Les cerveaux qui tentent d’influencer les opinions publiques et les résultats électoraux dans les démocraties occidentales ont manifestement perfectionné leurs méthodes pour être repérés moins facilement. Après avoir déjoué celle-ci, les Etats-Unis s’attendent à d’autres tentatives, y compris après l’élection du le 3 novembre. L’incertitude sur le nom du vainqueur pourrait se prolonger en l’attente des résultats du vote par correspondance. Cette période de doute sera propice à la propagation de rumeurs et à la déstabilisation. Donald Trump a déjà prévenu que l’on ne connaîtrait peut-être jamais le vainqueur de la présidentielle américaine 2020.

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