Environnement

La sécheresse transforme nos jardins : "Il faudra adapter certains types de végétation dans un futur proche"

Pelouse, hortensia, marronniers et châtaigniers souffrent de la chaleur.

© RTBF – Africa Gordillo

10 août 2022 à 09:18 - mise à jour 10 août 2022 à 12:12Temps de lecture2 min
Par Africa Gordillo & Geoffroy Fabré

Le mercure va de nouveau s’affoler à partir de ce mercredi, avec une hausse des températures et une vague de chaleur qui pourrait durer une semaine. Les cultures souffrent de la sécheresse mais les jardins aussi.

C’est à ce moment précis de l’été que l’on aimerait aller voir si l’herbe est plus verte ailleurs parce qu’elle a réellement perdu ses couleurs. La pelouse est brûlée et prend des teintes qui oscillent entre le brun et le jaune et… rien ne sert de l’arroser selon Didier Leduc, entrepreneur de jardins à Bois-de-Lessines, dans le Hainaut : "Il y a 33 ans que je suis dans le métier – depuis 1989 – mais cette année, c’est vraiment exceptionnel. D’ailleurs, on n’a jamais vu ça. Certains végétaux meurent, et même des arbres de 25 ou 30 ans sont en train de mourir".

Une prévention nécessaire

Les vagues de chaleurs et la sécheresse liées au dérèglement climatique posent la question de l’adéquation des arbres, fleurs et plantations diverses qui poussent en Belgique avec le climat. Les hortensias coloraient les jardins il n’y a pas si longtemps mais le thermomètre au-dessus de 30 degrés pendant une longue période les perturbe, jusqu’à brûler leurs fleurs, voire leurs feuilles et leurs tiges. Ce n’est qu’un exemple parmi d’autres. La pelouse, ensemble de graminées, brunie par le soleil en est un autre.

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L’entrepreneur de jardins Didier Leduc estime qu’il n’y a plus rien à faire d’autre que d’attendre pour les pelouses, si des mesures préventives n’ont pas été prises : "Il fallait prendre les préventions beaucoup plus tôt, parce que maintenant les sols sont secs. Il n’y a pas de remède miracle. Moi, je préconise fortement la couverture du sol, c’est-à-dire qu’on peut couvrir le sol soit avec du miscanthus, qui est un matériel entièrement renouvelable et qui est d’ailleurs produit en province de Hainaut".

Le miscanthus est une graminée que l’on cultive sur un champ. Dès qu’il est sec, il est broyé. Ce broyat peut alors être posé sur le sol. "L’avantage, c’est que c’est biodégradable – mais après quand même pas mal de temps – et surtout qu’il maintient en partie l’humidité dans le sol", précise Didier Leduc.

Un bon substrat

Les jardins souffrent de la chaleur mais les plantes en pot ne sont pas nécessairement en reste. Les plantes en pot doivent par conséquent être arrosées plus souvent que d’habitude et plonger leurs racines dans un bon substrat.

"Le substrat, c’est avoir un très bon terreau, un terreau de bonne qualité. Vous avez par exemple du terreau qui se vend dans le commerce maintenant, avec de l’engrais pour plusieurs mois, avec de la terre argileuse qui permet de retenir un minimum d’humidité. Et vous pouvez y incorporer également ce qu’on appelle des grains d’eau qui permettent justement à la plante de puiser ses besoins en eau. Ce qui est fort important aussi pour une plante en pot, c’est d’y créer une réserve d’eau", ajoute l’entrepreneur de jardins.

Autre conseil utile : dans le fond du pot, faire une réserve d’eau avec des billes d’argile, ce qui permet que l’eau en trop qui tombe de l’arrosage se maintienne dans la réserve d’eau en dessous du pot.

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Le changement du climat permet désormais aussi à certains arbres et plantes de se plaire dans nos régions alors que ce n’était pas le cas avant. Le chêne persistant – Quercus suber et Quercus ilex – commence à tenir chez nous. On rencontrait cet arbre plutôt dans le Sud auparavant. "Je crois qu’il faudra adapter certains types de végétation dans le futur, même dans un futur proche, je crois, si le climat continue comme ça", conclut le jardinier.

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