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Belgique

"La semaine de 4 jours sans réduction du temps de travail, c’est de l’arnaque" estime Felipe Keirsblilck, secrétaire général de la CNE

15 févr. 2022 à 21:39Temps de lecture2 min
Par Hugues Angot

Le gouvernement s’est mis d’accord sur une réforme du marché du travail. Flexibilité, semaine de 4 jours, travail de nuit… Voilà quelques points de cette réforme avec l’objectif d’atteindre un taux d’emploi de 80% en 2030. QR l’actu décrypte cet accord avec Felipe Keirsblilck, secrétaire général de la CNE et Monica De Jonghe, directrice générale à la FEB.

Semaine de 4 jours

Condenser son temps plein sur 4 jours plutôt que de l’étaler sur 5 sans perte de salaire. L’idée pourrait séduire une partie des travailleurs mais semble tout à fait irréalisable pour certains métiers à entendre Felipe Keirsblilck. "Travailler 38 ou 40 heures sur quatre jours, c’est cochonner une belle idée. La semaine de 4 jours j’y crois, mais pas comme ça. Essayer le nettoyage ou le métier de puéricultrice 10 heures par jour. La semaine de 4 jours sans réduction du temps de travail, c’est de l’arnaque".

Du côté patronal, on estime que la semaine de 4 jours est avant tout une mesure de flexibilité pour le travailleur. "Ce n’est pas une mesure qui donne plus de flexibilité aux employeurs. Que du contraire. C’est quelque chose qui sera difficile à organiser et ce sera à l’employeur de décider s’il offre cette flexibilité au travailleur. Rien n’est imposé"

Améliorer le taux d’emploi

L’objectif du gouvernement est de parvenir à améliorer le taux d’emploi en Belgique. Il est actuellement de 71%. La volonté est de parvenir à un taux d’emploi de 80% à l’horizon 2030. Mais pour la CNE, l’idée de 4 jours de travail ne va pas y contribuer. "Beaucoup de gens aspirent à travailler moins et à vivre mieux. Et pour cela, une semaine de 4 jours avec 32 heures, c’est une bonne idée. Nous avons besoin également de renforcer le crédit temps ou d’aménager les fins de carrière. Et c’est cela qui permettrait de créer de l’emploi".

Felipe Keirsblilck ajoute que le taux d’emploi à 80% ne doit pas se faire n’importe comment : "Ce qui est essentiel, c’est un taux d’emploi de qualité. Je préfère un taux d’emploi à 70% avec de vrais emplois qui contribuent par les impôts à la fonction collective que d’avoir 80 ou 100% de petits jobs précaires".

Monica De Jonghe ne partage pas du tout cette vision syndicale et répète que cette idée peut être un plus pour les travailleurs. En ce qui concerne l’amélioration du taux d’emploi, la directrice générale de la FEB explique qu’il y a d’autres mesures pour y parvenir. "Nous n’allons pas créer de l’emploi avec de vieilles recettes. Mettre des travailleurs à la prépension pour mettre les jeunes au travail, ça ne marche pas comme ça, pas plus que l’idée de faire travailler moins pour le même salaire. Ça augmenterait les coûts de l’entreprise de près de 20%. Ça revient à une augmentation salariale de 20% et cette idée ne passera pas de notre côté".

Des incitants plutôt que de la flexibilité

Accorder plus d’incitants financiers aux travailleurs. Là encore l’idée fait bondir du côté de la FEB : "Nous avons un marché du travail en feu. Il y a une pénurie de travailleurs. La balance penche donc en leurs faveurs. D’ailleurs, ils peuvent plus facilement négocier avec leurs employeurs pour avoir des incitants".

Pour la CNE, il est clair que de nombreux travailleurs ont besoin d’un meilleur salaire notamment à cause des prix de l’énergie et la hausse des prix en général. "Là où il y a de vraies pénuries de travailleurs, il faut pouvoir accorder des incitants aux travailleurs et les payer correctement. Il y a une hypocrisie du gouvernement de la Vivaldi : d’un côté, ils disent vouloir régler les problèmes de pénurie, et de l’autre, ils défendent une loi d’interdiction de négociation collective salariale".

 

 

 

 

 

 

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