Cuisine

"La sobriété, ce n'est pas tant la quête des prix bas que la recherche d'aliments simples" (Xavier Terlet, cabinet ProtéinesXTC)

"La sobriété, ce n'est pas tant la quête des prix bas mais plutôt la recherche d'aliments simples" (Xavier Terlet, cabinet ProtéinesXTC)

© ProtéinesXTC

26 sept. 2022 à 14:30Temps de lecture2 min
Par RTBF avec AFP

Elle fait référence aux besoins d'économiser l'énergie et de réduire les tensions sur le système électrique comme elle en appelle à la raison afin de limiter l'empreinte carbone de sa consommation personnelle.

Bienvenue dans une nouvelle société, celle de la sobriété. Comment la filière de l'agroalimentaire peut-elle prendre sa part de responsabilité dans cette problématique ? On a posé la question à l'expert de l'innovation alimentaire, président du cabinet ProtéinesXTC, Xavier Terlet.

 

Cela veut dire quoi la sobriété quand on est un industriel de l'agroalimentaire ?

En matière d'alimentation, il existe deux sobriétés : la sobriété subie et la sobriété choisie. Quand des consommateurs n'ont plus les moyens financiers de remplir leur caddie le 15 du mois, j'appelle cela aussi de la sobriété. Parfois, on peut même distinguer cela comme de l'abstinence... Dans le deuxième cas, il s'agit de faire attention et de dépenser moins. La question n'est pas tant la quête des prix bas que la recherche de produits simples qui sauront tout de même nous apporter du plaisir et préserver notre santé. La sobriété implique aussi un engagement éthique, écologique et de non-gaspillage de la part des marques. C'est une vaste problématique pour les industriels de l'agroalimentaire. Ceux qui croiront que la sobriété, c'est le premier prix ou les marques de distributeur feront une grosse erreur. Ils vont dans le mur s'ils avancent les arguments de l'écologie et de la santé pour justifier des prix plus hauts !

La notion de sobriété n'est-elle pas impossible à envisager dans le secteur de l'agroalimentaire dans la mesure où les innovations poussent inévitablement à la surconsommation et à l'utilisation de l'énergie, au gaspillage... ?

Vous avez raison, il faut totalement changer de modèle ! La sobriété, ce n'est plus de commercialiser un produit qui se conserve mal et dont on gâche la moitié. C'est vendre par exemple des steaks de 80 g au lieu de 115 g, comme chez Charal. Un acte de sobriété industriel serait de fabriquer des doses acceptables pour le consommateur.

Vous posez ici la question du "shrinkflation", ce concept qui consiste à payer au moins autant un produit dont la quantité a pourtant diminué. Les consommateurs sont bernés dans ce cas de figure...

C'est condamnable si on communique mal sur ce sujet. Les industriels de l'agroalimentaire ne maîtrisent pas bien les outils de communication. Il y a un besoin de pédagogie auprès du consommateur. Ce dernier peut comprendre qu'avec l'augmentation des coûts des matières premières, le prix final progresse aussi. A la place, les marques préfèrent augmenter les prix en douce sans rien expliquer. Cela donne une impression de tricherie et cela crée des scandales.

La sobriété, c'est le mot qui revient sans cesse dans l'actualité. Est-ce réellement un sujet dont les industriels de l'agroalimentaire discutent en réunion ?

Ils y réfléchissent... Et les distributeurs aussi se posent la question. En réaction, ils proposent des promotions et des cartes de fidélité, sauf que ce ne sont pas du tout les bonnes réponses. On reste dans la course à la consommation...

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