Belgique

La soupe, ce plat fédérateur qui nous nourrit depuis toujours

La soupe serait l’un des plus anciens repas au monde. Dès la découverte du feu, l’Homme fait mijoter des aliments dans de l’eau chaude. Depuis, ce mets a traversé les Âges et a ainsi vécu quelques modifications. Mais aujourd’hui encore, rien de plus réconfortant qu’une soupe. Avec les légumes, des révolutions mijotent aussi dans la casserole.

Un plat qui transcende les civilisations

Le simple fait de chauffer de l’eau et d’y faire mijoter des aliments, constitue la base de l’alimentation de bon nombre de civilisations. Les paysans chinois préparaient des soupes de riz, les Romains cuisinaient des soupes avec de la viande et du miel. Mais c’est seulement au Moyen Âge, au 18e siècle que le mot "soupe" voit le jour. Il viendrait du latin et signifierait "tremper", comme un bouillon dans lequel plonger son pain.

Un mets accessible à tous

Si la soupe est consommée de tout temps, elle prend aussi une dimension politique essentielle. La soupe est un plat économique, accessible à tous. À chaque crise économique, conflit ou guerre, la soupe récupère sa signification de plat indispensable. À la fin du 18e siècle, Benjamin Thompson, un officier anglais, comprend que préparer un repas collectif pour les travailleurs coûte moins cher que si chacun se préoccupe de son propre repas. C’est l’inventeur de ce qu’on appelle aujourd’hui : la soupe populaire.

La soupe, un repas de crise

Au fil des crises et des guerres, la soupe semble être un repas essentiel vers lequel se tourner. En août 1914, le programme de la Soupe Scolaire est instauré. Chaque jour de l’année, les petits écoliers âgés de 2 à 17 ans recevaient une soupe. Une façon de soulager aussi les familles belges qui savaient que leur enfant serait nourri à l’école. Une soupe, du pain et une boisson leur étaient servis, alors que le monde se disputait autour d’eux.

C’est ce que démontre un proverbe de la Province de Luxembourg datant de 1915 :

Petits enfants priez d’abord, Puis devant l’assiette fumante, Que vous sert une main charmante, Montrez que l’appétit est fort. Ne craignez rien, on remplira, Votre écuelle tout entière, Sitôt qu’elle se videra, De Soupe Scolaire.

Les soupes populaires

C’est à la fin du 19e siècle que les soupes populaires, comme on les connaît aujourd’hui, se développent. Elles remplissent notamment un rôle essentiel suite à la crise boursière de 1929. Des millions de chômeurs en Europe et aux États-Unis s’y rendent pour ne pas mourir de faim ou de froid.

La soupe à l'école

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Dans le journal Le Petit Parisien, en 1933, on pouvait lire :

La soupe populaire est la forme la plus directe de l’assistance. […]

Depuis que le chômage est venu accroître, dans des proportions considérables, le nombre, déjà trop imposant, des malheureux, la soupe populaire a pris un caractère plus cordial, plus fraternel. Ses convives ne sont plus seulement ceux que l’on désigne par ce terme générique, "les pauvres", qui semble les classer définitivement dans une caste particulière.

Ce sont maintenant des miséreux accidentels, qui peuvent, qui doivent se relever, s’évader de l’indigence, cesser d’être accourus, aider à secourir les autres. La charité, ici, se nomme solidarité. On peut accepter sans rougir le repas gratuit qui réconforte, et dont on pourra devenir demain l’un des donateurs.

À chaque crise, les soupes populaires connaissent un essor. En 2007, lors de la crise des subprimes, la soupe populaire de New York a servi 1,3 million de repas. C’est une augmentation de près de 25% par rapport à l’année 2004.

La soupe d’aujourd’hui

Les plans hiver et la soupe populaire

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Depuis des années, à chaque activation des plans hiver dans les villes, des soupes populaires nourrissent les personnes en difficulté. Cet hiver ne devrait pas faire exception à la règle. La soupe reste un aliment facile à cuisiner et qui coûte peu cher. Pour que votre repas soit véritablement complet, Carlo De Pascale, spécialiste culinaire de la RTBF vous conseille ceci : "N’hésitez pas à ajouter la farine vous-même, y ajouter une garniture, un pain complet ou un peu de crème dans la soupe. Votre repas sera complet et peu coûteux".

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