La téléphonie mobile 4,5G: entre technologie et marketing

Le réseau 4G belge est loin de la saturation.

© LILLIAN SUWANRUMPHA - AFP

25 mai 2016 à 12:01 - mise à jour 25 mai 2016 à 12:04Temps de lecture3 min
Par Jean-Claude Verset

"G" pour Génération. La 4G actuelle existe depuis près de 3 ans et la 5G sera commercialisée en 2020. Mais le débit mobile en 4G est encore dans l’adolescence et se développera en puissance durant, au moins, les 5 ans à venir. La 4G "et demi" est tout simplement l’amélioration de la technologie actuelle.

Un phénomène récurent, que l’on a connu avec la 2G "et demi", puis la 3G "et demi." Le but, ici, est principalement de pouvoir proposer des services de vidéo 2K/4K (en très grande résolution), la réalité virtuelle et la réalité augmentée.

En résumé, la 4G (LTE) peut atteindre actuellement un maximum de 150 Mb/s. Un débit théorique maximum qui, en réalité, est plus proche des 40 Mb/s, reconnaissent les opérateurs. La 4,5G doit pouvoir atteindre, à terme, des performances maximales bien plus élevées, de 1 Gb/s en mode statique et 100 Mb/s pour des transferts de données en mode mobile. Dans une voiture, par exemple.

Multiplier les bandes d’autoroute numériques

Comment atteindre ce débit ? En n’utilisant non pas une seule, mais plusieurs fréquences (plusieurs spectres de bande passante). En recourant à une analogie automobile, c’est comme si l’on multipliait les bandes de circulation sur une autoroute. Cela permet de faire passer 2, 3, 4 ou 5 fois plus de voitures à l’heure. En téléphonie, cela ne concerne pas le trafic de voitures, mais de données.

Proximus fait actuellement des tests de 4,5G. Pour cela elle fait appel à 4 fréquences (2600 MHz, 2100 MHz, 1800 MHz et 800 MHz). C’est-à-dire 4 "bandes d’autoroute". Mais nous en sommes encore dans la phase d’annonce. Aucune date n’est annoncée et ce ne sera certainement pas le cas avant 2017.

4,5 et 4G+, c’est la même chose ?

Contrairement à 4,5G, la 4G+ existe déjà. C’est une norme 4G qui utilise deux fréquences de 800 et 1800 MHz. On l’appelle aussi  LTE Advance. Le débit est de l’ordre de 220 Mb/s. Ce qui représente 90 fois le débit de la 3G.

La faible fréquence de 800 MHz permet de traverser les murs pour améliorer les communications intérieures, tandis que la haute fréquence de 1800 MHz permet d’accroître le débit. La grosse différence est que la 4G+ existe alors que la 4G "et demi" est encore en développement.  

Pour l’instant, une petite vingtaine de smartphones 4G+ sont commercialisés par 5 constructeurs.

En Belgique, la couverture 4G+ varie, selon les opérateurs : 33% pour Proximus et 22% pour Orange (Mobistar) qui revendique une couverture 4G+ de 98% pour Bruxelles.

Pour les téléphones 4,5G, il n’existe aujourd’hui que deux smartphones supportant ce futur réseau.

Mais il faut relativiser tout cela. D’abord, le réseau 4G belge est loin de la saturation. Ensuite, 30% des consommateurs possèdent encore des téléphones non compatibles avec la 4G. Si donc vous devez acheter un nouveau smartphone, pensez éventuellement à un modèle 4G+ (si vous en avez les moyens), sinon, le réseau 4G classique est loin d’être dépassé. Et sa couverture, selon les opérateurs varie de 90 à 99% de la population belge.

Outre le potentiel de la réalité virtuelle, le débit rapide servira aux applications avancées de télésoins (eHealth), aux voitures connectées ou aux médias omniprésents.
Outre le potentiel de la réalité virtuelle, le débit rapide servira aux applications avancées de télésoins (eHealth), aux voitures connectées ou aux médias omniprésents. FABRICE COFFRINI - AFP

La 4,5G pour quoi faire ?

Outre le potentiel de la réalité virtuelle, le débit rapide servira aux applications avancées de télésoins (eHealth), aux voitures connectées ou aux médias omniprésents. Elle doit aussi offrir une meilleure expérience mobile et pourra intégrer la communication vocale dans le transfert des données.

Aujourd’hui, la 4G ne transfère que du data. Les appels vocaux se font encore en 2G et en 3G. Avec la nouvelle norme VoLTE, le vocal s’intègre dans le data. Dix opérateurs européens et huit smartphones supportent déjà le VoLTE.

La 5G est dans les temps

La commercialisation de la 5G est toujours prévue pour 2020. Elle permettra des débits de télécommunication mobile de plusieurs gigabits de données par seconde. Ce qui signifie qu’en 10 ans – entre 2010 et 2020 – le débit aura été multiplié par 1000.

Certains opérateurs mondiaux testent déjà des vitesses 2, 5 voire 10 Gb/s. Mais cette fois, l’important n’est plus la vitesse. La 5G devra surtout permettre de connecter 1000 fois plus d’appareils qu’aujourd’hui. Surtout, elle sera indispensable pour prendre en charge l’Internet des objets, voitures et bracelets de santé connectés. C’est ce que doit apporter la 5G.

D’ici 2020, la consommation moyenne par individu sera de 1 Go par jour. 30 fois plus qu’aujourd’hui.

La 4G+ doit améliorer la vitesse et la qualité des communications « Indoor ».
La 4G+ doit améliorer la vitesse et la qualité des communications « Indoor ». KIRILL KUDRYAVTSEV - AFP

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