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“La Théorie du Y” : la bisexualité masculine est-elle taboue ?

Votre série LGBTQIA+ est de retour pour une saison 3 ! Cette nouvelle saison aborde la bisexualité masculine. Selon les créateur•ices Caroline Taillet et Martin Landmeters elle reste encore taboue, mais pourquoi ? Iels nous partagent des pistes de réponses et de réflexions. Pour rappel : les 3 saisons de la Théorie du Y sont disponibles sur Auvio. 

Qui dit nouvelle saison dit nouveaux personnages et nouvelles thématiques. La saison 3 de la Théorie du Y vous invite dans l’intimité du quotidien de Gaspard et Jo qui questionnent leur modèle de couple. Au cœur de leur réflexion : la bisexualité masculine. En effet, Gaspard, aide-soignant dans une maison de repos n’a jamais caché à Jo son attirance pour les hommes. Lorsque ce désir refait surface, iels décident de l’explorer ensemble…  

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Pourquoi avoir fait le choix d’aborder la bisexualité masculine ?  

Caroline Taillet explique : " On s’est dit finalement que la Théorie du Y, ce n’était pas spécialement Anna ou le thème de la bisexualité féminine. En gardant le thème mais en changeant d’approche avec un personnage masculin, là les idées sont arrivées ". Un point de vue partagé par Martin Landmeters qui poursuit : " Du coup la bisexualité sous le point de vue d’un homme a amené aussi d’autres thématiques comme par exemple l’ouverture de couple et toutes les questions de masculinité ".  

Est-ce que selon vous, la bisexualité masculine est encore taboue ?  

M.L : " Pendant les deux premières saisons, on a eu l’occasion de faire des projections dans des écoles avec des débats qui suivaient la projection. Et on s’est rendu compte que quelque chose revenait très souvent : bien que la série parlait d’une femme bisexuelle (Anna), ce qui amenait souvent le débat, ce qui qui faisait réagir les jeunes, c’étaient plutôt les scènes d’intimité et d’amour entre hommes (donc avec les personnages gays des saisons 1 et 2). Alors que les moments d’intimité entre femmes passaient beaucoup facilement. On s’est rendu compte que la bisexualité du point de vue des femmes était peut-être plus " facile " à accepter par la société que la bisexualité masculine ". 

Selon vous, comment expliquer ce tabou ? 

C.T : " C’est lié au fait, à notre sens, que l’homophobie est peut-être encore plus accrue envers les hommes qu’envers les femmes, du coup la biphobie aussi. Et c’était important pour nous d’aller plus loin. (…) Il y a justement un dialogue dans un épisode où Gaspard demande à une lesbienne :  ‘Est-ce que tu crois qu’il y a moins d’hommes bisexuels que de femmes bisexuelles ? Et elle répond : non, je pense que c’est plus tabou’. Et on s’est posé cette question du pourquoi est-ce plus tabou. Parce qu’en effet, on le voit aussi autour de nous, on connait souvent plus de femmes bisexuelles. (…) Je pense qu’une des raisons, c’est qu’un homme qui a des rapports sexuels avec un autre homme est perçu comme une plus " grande menace " aux yeux de la société ". 

Droits réservés.

Une autre raison suggérée par Caroline Taillet serait la libération de la parole par rapport au plaisir et à l’orgasme féminin via le clitoris. En comparaison, le plaisir masculin autour de la protase reste quant à lui encore très tabou.  

 Elle aborde d’ailleurs cette thématique dans la série à travers son personnage (Jo) qui diffuse une chronique radio sur le sujet. Elle nous en parle plus en détail dans cette interview vidéo : 

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La LGBTQIA+phobie est encore présente en Belgique

Selon une dépêche de l’agence de presse Belga, entre 2017 et 2021, les parquets du pays ont traité près de 300 dossiers à caractère homophobe. Toujours selon Belga : " il s’agit surtout de coups et blessures volontaires, des cas plus faciles à constater et à poursuivre en justice que les insultes, le dénigrement ou le harcèlement homophobe sur les réseaux sociaux, qui de facto, n’aboutissent pas en justice ". 

L’agence de presse explique également que ce chiffre ne relève qu’une partie de la réalité car toutes les victimes de LGBTQIA+phobie ne portent pas plainte systématiquement. De son côté UNIA a relevé 406 signalements de discrimination sur la base de l’orientation sexuelle en 2020. L’Institut pour l’égalité des femmes et des hommes a quant à lui expliqué que les plaintes des personnes transgenres représentent déjà plus de 10% du nombre total des plaintes et que leur nombre relatif augmente chaque année. 

Pour rappel la saison 3 de la Théorie du Y est à regarder en intégralité sur Auvio ou à savoir une fois par semaine (chaque lundi, 18h) sur Youtube, FacebooketInstagram. 

 

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