Diables Rouges

La vie est possible sans Eden Hazard chez les Diables Rouges : la preuve par les statistiques

Diables Rouges : Eden Hazard

© YORICK JANSENS - BELGA

17 mars 2021 à 06:01Temps de lecture4 min
Par Erik Libois

On ne va pas se mentir : sans Eden Hazard, les Diables Rouges sont (beaucoup) moins diaboliques. Alors tentons de positiver : ça tombe bien, les statistiques nous y aident. Elles nous confirment que les Diables ont d’autres ténors capables de nous faire gagner… et surtout que le véritable impact chiffré, sur nos victoires, de notre Eden national est bien moins grand que son influence sur le jeu – qu’il s’agisse de faux appels, de feintes de corps ou de petits ponts ! Et si les stats, finalement, nous permettaient de noyer notre chagrin en retrouvant des raisons d’espérer… qu’un Euro sans Eden est quand même un Euro qui peut finir sur un trophée levé ?

LA METHODE. Nous avons passé au crible des statistiques l’impact des 5 meilleurs buteurs actuels de l’effectif des Diables : Romelu Lukaku (57 buts et 14 assists en 89 caps), Eden Hazard (32 buts, 33 assists, 106 caps), Dries Mertens (21/28/94), Michy Batshuayi (21/2/32) et Kevin De Bruyne (20/37/78). De tous, Eden est donc le plus capé… ce qui pèsera aussi dans l’analyse finale.

 


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Pour le coup, nous avons isolé les buts et assists décisifs, uniquement sur les matches officiels (pas les amicaux donc) de ces 5 joueurs. Une action décisive (but ou assist) est une action qui rapporte 1 ou 3 points au score final. En clair, marquer 1 but ou donner 2 assists d’une victoire 5-1 n’est pas crucial, tout comme marquer le 9-0 d’un 10-1 final n’honore que le buteur et sa famille. En revanche, marquer l’unique but d’une victoire 1-0 ou livrer deux assists d’un succès 3-1 a du sens, dans la mesure où cela permet d’assurer une victoire ou une qualification. Dit autrement, le vrai joueur décisif est celui qui vous fait gagner un match important en sortant une action décisive au moment crucial : battre le Brésil 2-0 en Coupe du Monde marque plus l’Histoire que fesser la Zambie 9-0 en match amical – allô Josip Weber ?

L’approche est purement statistique, limitée aux buts et assists. Elle ne tient donc pas compte des actions invisibles, et pourtant très influentes, telles les courses d’Eden pour fixer 3 défenseurs et libérer des espaces pour Lukaku ou Mertens. De même, la force offensive des Diables fait que le danger vient de partout : en multipliant ces dernières années, les scores-fleuves (avec multiples buteurs différents), les Diables ont évidemment limité l’impact d’un seul joueur sur un score. En clair, il n’y a PAS d’Eden-, de Romelu- ou de Kevin-dépendance.

La vie est possible sans Eden : la preuve par les statistiques
La vie est possible sans Eden : la preuve par les statistiques © VIRGINIE LEFOUR - BELGA

EDEN N’EST PAS UN TALISMAN. Depuis la première des 106 caps d’Eden chez les Diables, fin 2008, les Diables ont perdu 25 matches (13 officiels, 12 amicaux)… mais Eden n’était absent que lors de 4 de ces défaites (2 matches officiels, 2 amicaux). Bien évidemment, il nous a aidés à gagner bien d’autres matches : 48 victoires en 67 matches non-amicaux d’Eden avec les Diables. Mais un constat s’impose : la simple présence de l’ainé des Hazard n’est pas un antidote à la défaite. On gagne ensemble, on perd ensemble.

EDEN EST UN VRAI COMPETITEUR. C’est le plus grand bémol pour l’Euro : Eden est un vrai joueur de grands tournois. En 67 matches officiels, Eden a marqué 25 goals et livré 24 assists : il s’est montré décisif chaque 82 minutes ! En grand tournoi (Mondial 2014, Euro 2016 et Mondial 2018), il a frappé toutes les 110 minutes en moyenne. En amicaux en revanche, Eden y va cool à l’aise : il est décisif chaque 172 minutes.


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En comparaison, Romelu Lukaku tourne à 1 but ou assist toutes les 78 minutes en match officiel, et toutes les 131 minutes en grand tournoi. Le phénomène statistique reste évidemment Michy Batshuayi, qui rentre une action décisive toutes les 69 minutes (66 minutes en grand tournoi et… 54 minutes en match amical). Pour un pur offensif, Dries Mertens est assez peu rentable : 104 minutes en moyenne par geste décisif… et seulement 241 minutes en grand tournoi ! Partant de bien plus bas, Kevin De Bruyne impacte aussi statistiquement le jeu belge : 1 but ou assist chaque 101 minutes, une moyenne qui tombe à 153 minutes en grand tournoi…

La vie est possible sans Eden : la preuve par les statistiques
La vie est possible sans Eden : la preuve par les statistiques © VIRGINIE LEFOUR - BELGA

EDEN NOUS FAIT… PEU GAGNER. À nouveau, on ne parle pas de l’impact sur le jeu, mais bien de la froide comptabilité des statistiques. En 67 caps en match officiel, Eden a été 10 fois directement décisif (but ou assist) sur l’issue d’une partie, mais seulement… 3 fois par un ou des buts qui ont permis aux Diables d’engranger. Son premier but décisif n’est tombé qu’à sa… 37e sélection (!) face à la Macédoine (1-0, mars 2013, qualif du Mondial 2014), son deuxième à sa 61e cap à Chypre (0-1, septembre 2015, qualif de l’Euro 2016) et ses troisième et dernier buts cruciaux à sa 101e cap contre la Russie (3-1, mars 2019, qualif de l’Euro 2020) !

En comparaison, Kevin De Bruyne (Serbie 2-1, juin 2013), Dries Mertens (Pays de Galles 0-2, septembre 2012) et le phénomène Michy Batshuayi (Bosnie 3-4, octobre 2017) ont été décisifs… dès leur 12e cap chez les Diables. Tandis que Romelu Lukaku a dû attendre sa 24e cap en Croatie (1-2, octobre 2013) pour gratter un geste qui rapportait des points au Diables. Mais la lecture des buts véritablement importants remet bien les choses en place : les buts ou assists de Romelu nous ont rapporté 9 fois des points et ceux de Kevin… 10 fois ! En revanche, Dries n’a pesé que 6 fois sur un score final… et Michy seulement 2 fois ! En gros, Michy a un ratio-record… mais se spécialise surtout dans les 4e ou 5e goals d’une victoire-fleuve.

CONCLUSION. De base, Eden reste un joueur-clé des Diables, surtout en grand tournoi... mais plus par son impact sur le jeu et sur l’adversaire, que par ses statistiques. Ses chiffres sont corrects… mais souvent inférieurs à ceux de ses potes du compartiment offensif : il ne pèse pas assez sur les scores. Eden ne serait-il pas assez égoïste ? Hazard a cette faculté de mieux faire jouer les autres… et de leur faire soigner leurs propres stats. Même sans Eden à l’Euro, Roberto Martinez dispose donc toujours d’excellents artilleurs. Ce sont nos raisons d'espérer.

Mais à charge évidemment de bien alimenter ces autres artificiers. Saint-Eden, priez pour nous…

Football : un véritable enfer pour Eden Hazard

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