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La violence djihadiste et d'extrême droite toujours aussi menaçante en Europe selon Europol

13 juil. 2022 à 12:44Temps de lecture3 min
Par Belga, édité par Maud Wilquin

Quatre attentats terroristes ont été commis l'an dernier au sein de l'Union européenne auxquels s'ajoutent onze attaques déjouées ou ratées, selon le rapport annuel Terrorism Situation and Trend Report (TE-SAT) publié mercredi par Europol. Ces chiffres s'affichent en nette baisse par rapport à l'année précédente quand l'agence européenne avait recensé 57 attaques réussies, ratées ou déjouées. Europol souligne toutefois que la vigilance reste de mise car les terroristes qui agissent seuls ou qui entretiennent des liens avec les djihadistes ou l'extrême-droite continuent de représenter la plus grande menace.

L'année 2021 a vu émerger un nouveau phénomène, à savoir l'extrémisme violent exercé à l'encontre des gouvernements et des mesures prises dans le cadre de la lutte contre la pandémie de coronavirus. Ce phénomène, souvent le fait de groupes en ligne informels sans liens réels avec les groupes terroristes traditionnels, se caractérise par des menaces proférées ouvertement, des discours de haine diffusés en ligne et, dans certains cas, le recours à la violence avec comme cibles les hommes politiques, les forces de l'ordre et les autorités sanitaires.

Le temps passé en ligne en raison des restrictions sanitaires a également été plus important, note Europol. Ce qui constitue "un facteur de risque pour les personnes vulnérables de plonger dans l'extrémisme." Les jeunes constituent ainsi des cibles de choix pour la propagande diffusée par l'intermédiaire des plateformes de jeux par exemple. La pandémie semble également avoir offert une visibilité à ceux qui adhèrent aux idéologies extrémistes.

"L'impact de la pandémie sur la société continuera à se faire sentir pendant encore un moment et nous devons rester vigilants quant à certains des défis à long terme posés par cette crise sans précédent", souligne la directrice d'Europol, la Belge Catherine De Bolle.

L'environnement en ligne joue également un rôle important pour les formes traditionnelles de terrorisme. "ll facilite (l'auto)radicalisation et la diffusion de la propagande terroriste", poursuit Catherine De Bolle. Les djihadistes ou les auteurs de violences d'extrême-droite agissent souvent seuls mais cela ne signifie pas qu'ils évoluent de manière complètement isolée pour autant, les communautés en ligne les mettent en relation avec les personnes qui partagent leurs idées. "Europol a donc développé sa capacité à identifier les contenus terroristes et extrémistes violents", explique Catherine De Bolle.

Sur les quinze attentats ou tentatives recensés l'an dernier, cinq ont été commis en France, trois en Allemagne et deux en Suède. À l'instar d'autres pays, une attaque a également été recensée en Belgique à savoir celle que Jürgen Conings, le militaire aux sympathies extrémistes, voulait commettre.

Onze des quinze attentats étaient liés au djihadisme, dont trois ont été "couronnés de succès" en France. La quatrième attaque réussie a été perpétrée par des terroristes d'extrême gauche en Allemagne.

Les forces de l'ordre européennes ont également arrêté 388 suspects en 2021, dont 260 après avoir enquêté sur le djihadisme en France, en Autriche et en Espagne. Dans notre pays, 32 arrestations ont été opérées. À cela s'ajoutent 423 décisions de justice concernant des actes de terreur dont 107 ont été rendues en Belgique soit autant qu'en France.

Pour la première fois, Europol anticipe également les développements futurs dans son rapport. L'agence pointe ainsi l'instabilité politique au sein de l'Union européenne qui peut exacerber la menace terroriste interne. À côté de cela, "des groupes extrémistes peuvent exploiter les inégalités (supposées) pour promouvoir des messages qui divisent". Europol songe ainsi à l'inflation galopante, combinée à "de nouveaux défis pour l'économie de l'UE en raison de la guerre en 'Ukraine."

Cette guerre aura un impact sur la sécurité au sein de l'Union européenne dans les années à venir, selon Catherine De Bolle. "Des personnes radicalisées issues de différents États membres ont rejoint les deux camps", poursuit la directrice. "De plus, la guerre provoquera des réactions extrémistes violentes, notamment en ligne", note-t-elle encore.

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