La ZAD, "Zone à Défendre", d'Arlon a été évacuée dans la nuit: aucun blessé n'est à déplorer

Des engins lourds de la police fédérale sont mobilisés pour démanteler les barricades de la ZAD

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15 mars 2021 à 05:00 - mise à jour 15 mars 2021 à 11:11Temps de lecture3 min
Par RTBF

La police est intervenue ce matin pour expulser les militants écologistes qui occupaient depuis plus d’un an une forêt d'Arlon, sur le site de l'ancienne sablière de Schoppach, afin de s’opposer au projet de construction d'un parc d’activités.

Des témoins sur place rapportent un dispositif important avec la présence de policiers casqués en bordure de forêt et de nombreux véhicules. Au total, 150 agents des polices locale et fédérale étaient présents. Selon le commissaire Michaël Collini, 9 militants ont été arrêtés administrativement. Pour certains d'entre eux, des devoirs complémentaires vont devoir être effectués, mais d'autres vont pouvoir être libérés.

L'opération a démarré à minuit et s'est terminée ce matin. Les forces de l'ordre sont manifestement intervenues par surprise afin d'éviter une forte mobilisation. 

Aucune résistance des occupants

Selon le bourgmestre d'Arlon, l'opération fait suite à un arrêté de police administrative. Elle repose "sur une observation et une analyse de risque constamment menées par la Zone de police locale. Certains faits commis par les occupants menaçaient gravement la sécurité avec notamment des entraves méchantes à la circulation sur la E411", explique la ville d'Arlon dans un communiqué envoyé ce matin. 

Contacté, le bourgmestre Vincent Magnus (cdH) se dit par ailleurs "soulagé" de la fin de cette saga longue de près d'un an et demi. "Nous sommes très contents que cela se soit passé sans blessés ni d'un côté ni de l'autre, c'est ça le plus important", ajoute-t-il. "Il n'y a eu aucune résistance de la part des occupants, et nous sommes très satisfaits de la manière dont tout cela trouve un épilogue"

Sécuriser le site

Maintenant que les occupants ont été évacués, le site va être nettoyé, puis sécurisé. Dans un communiqué, Idélux, l’intercommunale de développement économique propriétaire du terrain, déclare que les installations vont être démontées et les "différents chausse-trappes et pièges", neutralisés. Le site sera ensuite clôturé afin d’en empêcher l’accès, car il doit être dépollué (il y a des taches de pollution aux hydrocarbures néfastes pour la santé humaine).

Une partie de la zone sera également rapidement déboisée, car il faut abattre des bois scolytés pour "limiter la propagation des scolytes aux arbres sains". Le déboisement devrait avoir lieu avant le premier avril.

Des militants retranchés depuis le 26 octobre 2019

Le terrain constituait pour les occupants une "zone à défendre" (ZAD) car il présente un intérêt pour la biodiversité. Des militants ont pris possession des lieux le 26 octobre 2019, et vivaient dans des tentes et des cabanes dont certaines sont perchées dans les arbres ou creusées dans le sol sablonneux.

Ceux qu’on surnomme les "zadistes" occupaient illégalement une parcelle de la taille d’une quinzaine de terrains de football. En prévision d’une intervention de la police, ils avaient construit des barricades en disposant des troncs d’arbre, en amoncelant des tas de terre et en creusant des tranchées.

Cabane "perchée"
Cabane "enterrée"

Ces derniers mois, la présence des militants a varié, selon les jours et les périodes, de quelques-uns à plusieurs dizaines. Les services de sécurité redoutaient un face-à-face violent avec les forces de l’ordre car ils soupçonnaient la présence d’éléments radicaux ou anarchistes, certains venus de l'étranger.

L’intervention de la police était par ailleurs rendue délicate par la situation du terrain, pour partie en bordure d’une falaise. Quant à la cabane perchée dans un arbre à plusieurs mètres de hauteur, elle représentait un risque au niveau de la sécurité pour les occupants et pour les forces de l’ordre en cas de confrontation.

En prévision d’une intervention de la police, les militants ont dressé des barricades
En prévision d’une intervention de la police, les militants ont dressé des barricades © Tous droits réservés

Malgré les demandes répétées de l'intercommunale Idélux et de la ville d'Arlon, les militants ont toujours refusé de quitter les lieux, s’exposant à une évacuation forcée.

L’opération d’expulsion de ce matin semble avoir été tenue secrète jusqu’au dernier moment afin d’éviter un rassemblement de sympathisants de la "ZAD". Des appels à la mobilisation avaient été lancés fin janvier à la suite de fuites faisant état d’une possible expulsion. 

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