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Lancement d’une étude sur l’avenir des logements sociaux de la rue Haute

© RTBF

159 familles vivent dans des logements sociaux vétustes à la rue Haute, en face de l’hôpital Saint-Pierre. Ce sont de vieux immeubles de béton qui datent de 1958 et qui n’ont jamais connu de grosses rénovations, juste de l’entretien.

Châssis pourris, humidité généralisée

Dans la tour principale, les communs du rez-de-chaussée ont par exemple été rafraîchis. Mais dès qu’on monte dans les habitations, la situation est identique partout : les châssis sont pourris, l’humidité généralisée, les sanitaires sont à ce point inadaptés que certains locataires n’ont d’autres choix que de se laver uniquement à l’évier. Et ne parlons pas de la mauvaise isolation, des pannes récurrentes de chaudières (elles viennent du coup d’être remplacées au mois de décembre). Autant dire que les locataires n’en peuvent plus. Beaucoup ont demandé leur mutation : 24 dossiers sont ouverts officiellement. Et à ceux-là, il faut ajouter les locataires qui n’ont pas – ou pas encore – formulé de demande officielle.

Condensation et infiltration d’eau dans les appartements
Condensation et infiltration d’eau dans les appartements © RTBF
Des taches de moisissure sur les murs
Des taches de moisissure sur les murs © RTBF

Le site le plus en souffrance

La société Le logement Bruxellois qui gère le site est consciente de la situation. Elle admet même que le site de la rue Haute est sans doute celui qui est "le plus en souffrance" (avec les tours du quartier Rempart des moines, mais là le chantier de rénovation est sur les rails). Au point que malgré le besoin criant de logements sociaux, certains appartements du complexe restent vides : "On a pris la décision, sur certains bâtiments, de ne plus attribuer les logements car la situation n’est pas au top, explique le directeur général Lionel Godrie. Mais d’autres font encore l’objet d’attributions régulières". Aujourd’hui, 159 logements sont encore occupés sur 198, auxquels il faut ajouter 24 autres, en occupation temporaire.

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Les châssis sont en piteux état
Les châssis sont en piteux état © RTBF

Démolition ? Rénovation ?

Alors pour envisager l’avenir du site dans son intégralité, Le Logement Bruxellois lance une étude de faisabilité, pour analyser trois scénarios : "Le premier cas de figure serait une rénovation complète du site. Un second scénario, une démolition-reconstruction. Et le troisième, un mix des deux, détaille Lionel Godrie. En tout cas, aujourd’hui, on n’a donné aucune trajectoire définie aux auteurs de projets. On a demandé qu’ils puissent analyser les trois scénarios à fond et puis on verra alors ce qui doit être pris comme décision".

Mais tout ça va forcément prendre du temps : "Nous devrions avoir les résultats de l’étude de faisabilité en 2023, avec désignation d’auteur du projet en 2023. On peut espérer un projet aux alentours de 2025 et un début des travaux vers 2027 ou 2028". Le directeur du Logement Bruxellois évalue le chantier à plusieurs dizaines de millions d’euros : "d’expérience, je dirais que c’est un chantier autour de 45 ou 50 millions d’euros".

On peut espérer un début des travaux vers 2027 ou 2028

D’ici là, il y a peu de chances que des solutions se dessinent pour les locataires désireux de quitter les lieux. Le Logement Bruxellois doit en effet prioritairement trouver des solutions pour les habitants du Rempart des Moines dont le site doit être démoli prochainement. A part peut-être pour quelques situations plus urgentes, car "chaque demande est analysée", insiste Lionel Godrie.

En attendant, Le Logement Bruxellois a décidé de quelques aménagements de loyers à la rue Haute : les loyers ne sont plus indexés depuis 2019 et pour la tour principale, les habitants bénéficient en plus d’une réduction de 5%.

Ce mercredi après-midi, des locataires rencontreront le directeur du Logement Bruxellois, pour lui faire part de la situation dans les logements et savoir ce qui les attend. La rencontre a été facilitée par la conseillère communale Riet Dhont et des militants du PTB, actifs aux côtés des habitants du quartier. L'élue bruxelloise sera d'ailleurs présente lors de la rencontre.

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