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L’appel des mouvements de jeunesse : Scouts cherchent désespérément terrains pour camps d’été

© RTBF archives

"Scouts, Guides, Patronnés, Faucons rouges et autres mouvements de jeunesse cherchent terrain d’accueil pour camps d’été": c’est en substance le récent message lancé par les cinq fédérations de mouvements de jeunesse francophones, dont la Fédération des Scouts. Trouver un site d’accueil devient de plus en plus difficile pour pouvoir organiser les camps en Région wallonne. Et les fédérations redoutent une réelle pénurie de terrains, à l’horizon 2023. Car la réforme du calendrier scolaire va raccourcir la durée des grandes vacances et restreindre un peu plus les possibilités de dénicher un terrain d’accueil. Conséquence : les mouvements de jeunesse prospectent déjà dans l’espoir de trouver un site adéquat.

Causes multiples

L’origine du problème est double : d’une part le succès croissant des mouvements de jeunesse entraîne une demande plus importante pour les endroits de camps. A ce jour, les organisations francophones totalisent environ 120.000 affiliés. Et nombreux sont les enfants et les jeunes à vouloir profiter d’un séjour en pleine nature au sein de leurs unités, avec les encouragements des parents pas toujours disponibles pour leurs propres enfants.

D’autre part, le secteur a subi ces dernières années les conséquences de plusieurs crises : annulations suite à la pandémie (Covid-19), difficultés dues aux règles sanitaires trop strictes, impact des inondations et de la peste porcine,… les mouvements de jeunesse n’ont pas été gâtés pendant une longue période et aujourd’hui, l’envie de renouer avec les joies des camps d’été est importante. Résultat : la demande dépasse l’offre de terrains d’accueil. Les différents mouvements de jeunesse s’activent pour dénicher l’endroit idéal et conforme aux réglementations du secteur (normes de sécurité, d’hygiène,…). Les prospections se multiplient, surtout en vue de l’été 2023.

Heureusement, certains propriétaires de terrains prennent conscience du problème et aménagent leurs parcelles pour essayer de répondre aux nombreuses demandes. Une ASBL, Atouts Camps, accompagne d’ailleurs les propriétaires désirant proposer leurs parcelles aux jeunes.

Prospections

Proposer une parcelle de terrain à des scouts ou des patronnés, l’idée est louable. Encore faut-il respecter une série de conditions permettant aux groupes de jeunes d’organiser leurs camps de manière adéquate et sécurisée.

Dans le village de Boninne (province de Namur), Paul-Henry dispose d’un terrain de 2 hectares dont la moitié pourrait servir de base d’accueil à un camp, l’autre moitié étant boisée. "Je suis propriétaire, mais aussi, ancien scout. Et aujourd’hui, je voudrais aider les jeunes à organiser leur camp, à découvrir la nature, à l’aimer et à la protéger", affirme l’homme. Ce mercredi, Paul-Henry recevait la visite de Lionel, chargé de projets à l’ASBL Atouts Camps. "On essaie vraiment de sortir des zones géographiques où on constate déjà une forte densité de camps", explique le jeune homme. "Il faut permettre à tout le monde de trouver un endroit de camp agréable, histoire aussi de permettre aux populations locales de ne pas avoir une surconcentration des groupes durant l’été. Il faut éviter de voir des groupes de jeunes à tous les coins de rue. Voilà pourquoi on prospecte ici, en province de Namur, en Brabant wallon ou dans le Hainaut".

Offres sous conditions

Proposer un bâtiment ou terrain d’accueil suppose le respect de plusieurs conditions. Pour que tout se passe bien, l’ASBL Atouts-Camps a pris en charge la labellisation des endroits de camp. Ce label, reconnu par la Région Wallonne, est un gage de qualité. Il prévoit des garanties pour les normes en matière d’hygiène et de sécurité. Il faut par exemple garantir un accès à l’eau et aux services de secours en cas d’urgence. Par ailleurs, le label assure que le lieu répond bien aux besoins des groupes en matière de services et d’infrastructure. Il veille enfin aux tarifs car les prix doivent rester raisonnables.

Défi 2023

Des grandes vacances… Plus petites dès 2023 ! Davantage de réservations en moins de temps. Une trêve estivale qui commencera la deuxième semaine de juillet, mois déjà très prisé par les groupes de jeunes. Il faudra donc trouver des solutions pour réorganiser les camps d’été. Pour les fédérations, la réforme des rythmes scolaires est appliquée en peu trop vite. Le temps d’adaptation est trop court. D’ici l’été 2023, il faudra probablement créer entre 400 et 600 lieux d’accueil supplémentaires pour répondre aux attentes. Les fédérations invitent donc les propriétaires de parcelles et de gîtes à se manifester. Le défi est surtout important pour les bâtiments en dur. Outre les autorisations communales à obtenir et les normes de sécurité à respecter, il faut aussi fréquemment rafraîchir ou réaménager les lieux. Le cri de meute lancé par les fédérations vise aussi les salles communales, les écoles et autres bâtiments pouvant satisfaire les groupes de jeunes.

Extrait de notre 13h :

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