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N'oubliez pas le guide

Lara Meersseman, restauratrice de livres anciens : « C’est un film qui m’a donné le déclic »

Cédric Wautier et Lara Meersseman, restauratrice de livres anciens, dans son atelier bruxellois.

Dans son atelier du centre de Bruxelles, Lara pose ses mains, lentement, sur une couverture de livre déchirée. Sa passion, elle la transmet à tous ses clients qui lui confient leur "bébé" à restaurer.

Il y a comme cela de ces certitudes qui naissent très jeune dans la tête d’une petite fille et qui donneront un cap, une voie à suivre pour faire de la passion un métier. En voyant le film "Le Nom de la Rose", Lara Meersseman a un déclic. "J’étais toute petite " sourit-elle.

Lorsqu’à la fin du film, j’ai vu la bibliothèque brûler, j’ai dit à ma maman que je voulais sauver les livres… !

Lara s’inscrit plus tard à La Cambre, en section conservation et restauration.

Ils ont ouvert la section dédiée aux livres et manuscrits l’année de mon inscription. Tout de suite, j’ai foncé. Ma conviction de petite fille n’avait pas changé.

Après cinq ans de formation et de stages, Lara tente une expérience qui la marque encore aujourd’hui. Elle part comme bénévole sur l’île de Patmos, en mission au Monastère de Saint Jean l’Apocalypse.

Là, je découvre le fond précieux de manuscrits. Imaginez mon émotion lorsque je touche ces livres. Le plus ancien sur lequel j’ai travaillé, datait du IXe siècle.

Lara Meersseman restaure les livres abîmés avec du papier japonais.
Lara Meersseman restaure les livres abîmés avec du papier japonais. © "N’oubliez pas le guide" – RTBF

« Je savais depuis toujours que j’allais ouvrir mon atelier »

Après avoir travaillé durant un an chez un restaurateur privé, Lara ouvre son atelier en plein cœur de Bruxelles. Un atelier baigné par la lumière, où seul le bruit du papier manipulé perturbe l’atmosphère stricte et concentrée.

J’aime tout dans le livre ancien et le travail du papier. La texture, le bruit, l’odeur. J’ai appris à être en communion avec les manuscrits. Le temps, la rigueur et la passion font partie intégrante de ce métier.

Cette passion, elle la partage avec ses clients. Institutions ou musées d'un côté, particuliers de l’autre...

Quand un collectionneur vient me déposer un livre à restaurer, il me dépose son bébé. C’est une relation très particulière que j’ai avec ces gens et avec l’ouvrage ou le parchemin qu’ils me confient. J’apprends tous les jours car ces collectionneurs m’ouvrent à leur univers, leur passion. Tout le monde vient me voir avec son histoire. Ça aussi, ça me touche et me rend heureuse.

N'oubliez pas le guide

Restauratrice de livres (Bruxelles)

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