Laurence Vielle

Laurence Vielle lit "Voyageur, il n’y a pas de chemin" d’Antonio Machado

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28 oct. 2022 à 14:18Temps de lecture1 min
Par Laurence Vielle

En ce temps où nous honorons nos disparus, Laurent Vielle nous partage les mots du poète Antonio Machado.

" Voyageur, il n’y a pas de chemin " Antonio Machado
Champs de Castille (Poésie/Gallimard, 1981) – Traduit de l’espagnol par Sylvie Léger et Bernard Sesé

Jamais je n’ai cherché la gloire
Ni voulu dans la mémoire des hommes
Laisser mes chansons

Mais j’aime les mondes subtils
Aériens et délicats
Comme des bulles de savon.
J’aime les voir s’envoler,
Se colorer de soleil et de pourpre,
Voler sous le ciel bleu, subitement trembler,
Puis éclater.

À demander ce que tu sais
Tu ne dois pas perdre ton temps
Et à des questions sans réponse
Qui donc pourrait te répondre ?
Chantez en chœur avec moi :
Savoir ? Nous ne savons rien
Venus d’une mer de mystère
Vers une mer inconnue nous allons
Et entre les deux mystères
Règne la grave énigme
Une clef inconnue ferme les trois coffres
Le savant n’enseigne rien, lumière n’éclaire pas
Que disent les mots ?
Et que dit l’eau du rocher ?

Voyageur, le chemin
C’est les traces de tes pas
C’est tout ;

voyageur,
il n’y a pas de chemin,
Le chemin se fait en marchant
Le chemin se fait en marchant
Et quand tu regardes en arrière
Tu vois le sentier que jamais
Tu ne dois à nouveau fouler

Voyageur !

Il n’y a pas de chemins
Rien que des sillages sur la mer.
Tout passe et tout demeure
Mais notre affaire est de passer
De passer en traçant
Des chemins
Des chemins sur la mer

 

Laurence Vielle lit la poésie

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