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Belgique

Le 8 mai, l’extrême-droite et la démocratie

Philippe Walkowiak

 

Le face-à-face Bouchez-Van Grieken aura eu au moins un mérite : la remise à jour, à l’occasion du 8 mai, de la Charte de la Démocratie par les partis qui se présentent aux élections dans l’espace francophone et du Code de bonne conduite entre partis démocratiques à l’encontre des formations ou partis qui manifestement portent des idéologies ou des propositions susceptibles d’attenter aux principes démocratiques qui fondent notre système politique.

Vaste programme !!

Exception belge francophone

Ces longs intitulés indiquent sans doute autant le malaise que la fragilité de ce qui n’existe finalement, au niveau européen, que dans la seule Belgique francophone.

Ce " cordon sanitaire " autour de l’extrême-droite remonte à 1993 et fut renforcé en 1998 et 2002. Mais depuis 20 ans, tant la réalité politique que médiatique auront fortement évolué.

Également, des études internationales démontrent que cette attitude adoptée dès le départ par les partis politiques avait contribué à empêcher l’émergence d’un " populisme d’extrême-droite " en Belgique francophone.

Quatre partis francophones ont tenu à le rappeler au président du MR qui remet, à l’occasion la lutte contre le " populisme d’extrême-gauche " et vis-à-vis duquel, les positions des uns et des autres demeurent plus floues.

PTB

Clairement, cette Charte s’en prend aux partis racistes et discriminatoires. Le racisme constitue un délit, pas une opinion. Le PTB n’appartient pas à cette catégorie. Mais ce parti a été fondé en référence à Mao, a longtemps cultivé la nostalgie de Staline ; il y a moins de 20 ans on lisait encore sur le site du parti que depuis Khrouchtchev, le révisionnisme a miné petit à petit la base socialiste de l’URSS. Il a liquidé les principes fondamentaux du pouvoir de la classe ouvrière. L’économie soviétique s’est effondrée ; le parti s’est coupé des masses. La restauration du capitalisme sauvage en ex-URSS a été l’aboutissement de cette politique révisionniste. Ces références n’ont disparu formellement qu’en 2008, sans être dans l’absolu, reniées.

Toujours est-il que le PTB s’est imposé dans le paysage politique wallon et bruxellois et qu’il ne signe pas cette Charte de la Démocratie. Ce parti se définit comme parti national et ne s’interdit pas de débattre avec l’extrême-droite. De même, Groen qui forme un groupe commun avec Ecolo à la Chambre, débat avec le Vlaams Belang.

Le président du MR entend se prouver qu’affronter en débat le président du VB permet de déconstruire son discours. Pas sûr que venir expliquer cela, en français, face à un nationaliste flamand, ait changé l’avis de l’électeur de base du Vlaams Belang ! C’est un peu comme si Bart De Wever venait sur un plateau francophone, expliquer en néerlandais, qu’il ne faut pas voter PTB ! L’effet risque d’être inverse, là aussi.

Le PS, malmené dans les sondages, reste tenté de " mouiller " le PTB au pouvoir ou en tout cas de démontrer que ce parti ne veut pas gouverner.

Tout cela nous éloigne des idées populistes, racistes et identitaires qui foisonnent en Europe.

Le " cordon sanitaire " reste fragile.

 

@PhWalkowiak

Cordon sanitaire francophone: extrait JT du 06/05/2022

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