Monde Moyen-Orient

Le bilan du naufrage d’un bateau de migrants au large de la Syrie s’alourdit : 94 personnes sont mortes

Des personnes en deuil marchent avec le corps de l’une des victimes du naufrage au large des côtes syriennes, à Tripoli, au nord du Liban, le 24 septembre 2022.

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24 sept. 2022 à 16:07 - mise à jour 24 sept. 2022 à 19:57Temps de lecture3 min
Par AFP, édité par Africa Gordillo

Dix-sept nouveaux corps ont été repêchés ce samedi portant à 94 le nombre de corps récupérés depuis le naufrage jeudi au large des côtes syriennes d’un bateau transportant des migrants en partance du Liban, selon les médias officiels syriens. Le Haut-commissaire des Nations unies pour les réfugiés (HCR), Filippo Grandi, a déploré "une nouvelle tragédie", après ce naufrage, parmi les plus meurtriers survenus en Méditerranée orientale.

"Il y a 89 morts tandis que 14 personnes sont en convalescence à l’hôpital Al-Basel, dont deux en soins intensifs", a déclaré Iskandar Ammar, un responsable de l’hôpital Al-Basel, dans la ville syrienne de Tartous (ouest), cité par l’agence de presse Sana. Un bilan précédent des autorités syriennes avait fait état vendredi de 77 morts.

Selon les autorités syriennes, environ 150 personnes, principalement des Libanais et des réfugiés syriens et palestiniens, se trouvaient à bord du petit bateau qui a fait naufrage au large de la ville portuaire de Tartous. Les recherches se poursuivent pour tenter de retrouver d’éventuels survivants, plusieurs personnes étant toujours portées disparues.

L’armée libanaise a fait état de l’arrestation d’un Libanais qui "a admis avoir organisé" ce périple "qui devait s’achever en Italie par voie maritime". Le Liban devient de plus en plus un point de départ d’embarcations illégales de migrants depuis le début en 2019 d’une grave crise économique et financière.

Dix enfants morts noyés

Dix enfants figurent parmi les naufragés, a de son côté affirmé samedi le Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef). Au Liban, les familles des victimes enterraient leurs proches, dont les corps ont été rapatriés depuis la Syrie voisine. Dans la ville de Tripoli, des centaines de personnes ont pris part aux funérailles de l’une des victimes, brandissant le poing en l’air, tandis que des proches pleuraient en portant un cercueil de fortune dans les rues.

De nombreux passagers sont originaires de régions pauvres du nord du Liban, notamment de Tripoli, devenue une plaque tournante de l’immigration illégale en Méditerranée, notamment pour les réfugiés syriens, mais aussi de plus en plus de Libanais. "La population libanaise vit dans des conditions désastreuses, mais la situation est particulièrement grave pour les personnes les plus démunies, y compris les réfugiés", a indiqué vendredi la directrice régionale de l’Unicef pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, Adele Khodr dans un communiqué.

"Quête de dignité"

Filippo Grandi a appelé la communauté internationale à venir en aide pour "améliorer les conditions des personnes forcées de fuir leur pays, ainsi que celles des communautés qui les accueillent". "Ceux qui embarquent dans ces bateaux de fortune en quête de dignité […] risquent leur vie", a pour sa part indiqué Philippe Lazzarini, commissaire général de l’agence de l’ONU responsable de l’aide aux réfugiés palestiniens (Unrwa). "Nous devons faire davantage pour […] aider les Libanais et les autres peuples de la région à surmonter le sentiment de désespoir."

A la suite de l’effondrement économique] au Liban, des réfugiés syriens et palestiniens et des Libanais ont tenté de traverser la Méditerranée à bord d’embarcations de fortune pour se rendre vers des pays européens, notamment l’île de Chypre, située à 175 kilomètres des côtes libanaises.

En avril, le naufrage d’un bateau de migrants surchargé, pourchassé par la marine libanaise au large de Tripoli, avait fait des dizaines de morts. Le 13 septembre, les garde-côtes turcs ont annoncé la mort de six migrants parmi lesquels deux bébés, et secouru 73 personnes au large de la province de Mugla (sud-ouest). Ces migrants auraient embarqué à Tripoli.

Selon l’ONU, au moins 38 bateaux transportant plus de 1500 personnes ont quitté ou tenté de quitter illégalement le Liban par la mer, entre janvier et novembre 2021.

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