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Le "Black Friday" ne devrait pas connaître la crise, malgré les critiques

Rien que sur internet, les ventes devraient atteindre 1,7 milliard d'euros sur les quatre jours allant du "Black Friday" (vendredi 29 novembre) au "Cyber Monday" (le lundi qui suit, davantage centré sur des promotions en ligne)
24 nov. 2019 à 18:00Temps de lecture2 min
Par RTBF Tendance avec AFP

"Depuis trois ans, c’est devenu un rendez-vous pour nos clients", explique Nicolas Denime, directeur commercial France du site de vente en ligne Rakuten, "nous avons commencé à le préparer il y a six mois".

"Nous n’avons pas vraiment de doute sur le fait que ça va encore être un gros succès cette année", prédit aussi Vincent Gufflet, directeur commercial de Fnac Darty.

Rien que sur internet, les ventes devraient atteindre 1,7 milliard d’euros sur les quatre jours allant du "Black Friday" (vendredi 29 novembre) au "Cyber Monday" (le lundi qui suit, davantage centré sur des promotions en ligne), a estimé jeudi la Fédération du e-commerce et de la vente à distance (Fevad).

Sur l’ensemble des canaux de distribution, ce sont près de 6 milliards d’euros qui devraient être dépensés ce week-end-là, selon une étude de RingCentral, société spécialisée dans la relation client.

 

Éveiller la conscience des consommateurs

Des voix de plus en plus nombreuses s’élèvent toutefois pour critiquer cette journée de promotions massives comme "symbole de l’hyper-consommation".

L’organisation altermondialiste Attac menace, par exemple, de "perturber l’activité d’Amazon" le 29 novembre afin de lutter contre "l’emprise néfaste" du géant américain de la distribution. "Nous avons choisi le 'Black Friday' justement car c’est une journée stratégique pour la firme", affirme Raphaël Pradeau, porte-parole de l’organisation, à l’AFP.

L’association Emmaüs profite de l’occasion pour "éveiller la conscience des consommateurs", selon Maud Sarda, sa directrice : mercredi, l’équipe de son site de vente en ligne a promené un portant devant les vitrines des boutiques branchées de la rue des Francs-Bourgeois dans le quartier du Marais à Paris, pour inciter les consommateurs à se tourner vers les articles "recyclés et solidaires".

Et un collectif baptisé "Make Friday Green Again", lancé en octobre par la marque française de chaussures éco-responsable Faguo, a réuni plus de 500 marques, majoritairement françaises, qui vont s’abstenir de faire des promotions le 29 novembre "pour mettre en valeur une consommation plus responsable en invitant nos communautés à réparer, donner et revendre les produits qu’ils n’utilisent pas", affirme à l’AFP Nicolas Rohr, le cofondateur de Faguo.

 

 

Une stratégie commerciale plus qu’une réelle protestation

Cédric Chéreau, expert en distribution et co-fondateur de la start-up UntieNots, qualifie le double discours de certaines grandes marques de "stratégie commerciale". "Les enseignes spécialisées dans le durable et l’éthique ont intérêt à s’inscrire contre le Black Friday, c’est tout à leur honneur, mais c’est aussi de la communication", dit-il à l’AFP.

Les passants de la rue des Francs-Bourgeois partagent l’analyse de l’expert. "Black Friday, Green Friday… Le but, c’est de nous faire acheter", affirme à l’AFP Myriam, une habitante du quartier.

"Les consommateurs ont de plus en plus de grands principes, de grandes idées, mais quand il faut les mettre en pratique, c’est plus compliqué", analyse de son côté Cédric Chéreau, qui espère toutefois que "d’ici 10 ans, les consommateurs mettront leurs actes d’achat en accord avec leur discours".

En attendant, le 29 novembre, le site de vente en ligne Rakuten attend "2,5 fois plus de ventes qu’en 2018 et c’était déjà une journée 11 fois supérieure à la normale", s’enthousiasme Nicolas Denime.

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