Energie

Le bois de chauffage : une solution alternative à l’envolée des prix de l’énergie, mais pas n’importe comment

Le bois de chauffage : une solution alternative à l’envolée des prix de l’énergie, mais pas n’importe comment. Photo d’illustration

© Getty Images

18 janv. 2022 à 08:11 - mise à jour 18 janv. 2022 à 11:47Temps de lecture2 min
Par Africa Gordillo, sur base de l'interview réalisée par Sophie Brems

Avec la hausse des prix de l’énergie, singulièrement le gaz et l’électricité, le chauffage au bois prend bien cet automne. Les ventes de poêles à bois sont en hausse, qu’il s’agisse de cassettes, de poêles traditionnels ou à pellets. Ces systèmes de chauffage n’offrent toutefois pas tous, le même rendement.

Une gestion durable des forêts

"Le combustible bois, que ce soient des bûches ou des pellets, c’est à peu près six centimes le kilowattheure, donc c’est deux fois moins cher que le gaz. De ce côté-là, c’est assez imbattable", précise le conseiller énergie climat chez EcoConso, Jonas Moerman. Mais le prix n’est pas le seul avantage du bois. Dans un contexte d’urgence climatique, c’est un moyen de se passer d’énergies fossiles. "C’est donc une source d’énergie renouvelable. Et à partir du moment où ça provient de forêts gérées correctement, durablement, donc avec des labels FSC ou PEFC, on peut dire que c’est plus ou moins neutre par rapport au climat", ajoute le conseiller en énergie climat.

Jonas Moerman poursuit : "On a quand même besoin de transport et de machines pour aller couper le bois et le transformer. Ça demande donc quand même des énergies fossiles, mais c’est vrai que le CO2 qui va être dégagé lors de la combustion est du CO2 qui aura été fixé par l’arbre pour sa croissance, et de ce côté-là, on peut dire qu’il y a une neutralité carbone." Il s’agit, cela dit, de penser globalement et de gérer la forêt de manière durable.

Quel rendement ?

Le rendement des poêles à bois, lui, dépend très fort du système de chauffage choisi. Le rendement est ainsi très mauvais pour un feu ouvert. Il oscille autour de 15% de rendement, ce qui signifie que 85% de la chaleur est perdue dans la cheminée.

D’autres systèmes (cassettes, bûches ou pellets) sont bien plus efficaces. Dans certains cas, le rendement peut atteindre 85%, voire 90%. "Ce n’est pas exactement comparable au mazout, parce qu’avec des chaudières à condensation, on peut avoir des rendements très importants également en mazout. Mais ici, par rapport au bois, on a, avec les systèmes à pellets entre autres, donc des granulés, des très hauts rendements et on a aussi une pollution qui est bien réduite par rapport au chauffage à feu ouvert classique", analyse le conseiller d’EcoConso.

Une gestion efficace

Tous ces avantages se vérifient quand la combustion du bois est optimale. Si tel n’est pas le cas, "Toute une série de polluants sont formés quand il y a une mauvaise combustion du bois : des particules, mais aussi du monoxyde de carbone, des hydrocarbures aromatiques, donc une série de composants à éviter. Ils sont également très fort liés à la qualité de la combustion, donc ça va être le type d’appareil, mais aussi le type de combustible. Quand on se chauffe aux bûches, par exemple, on doit avoir un bois qui est bien sec (ce qui n'est pas toujours facile vu la demande, ndlr). C’est moins de 15% d’humidité dans le bois. Ce sont donc des bûches qui doivent sécher deux ou trois ans à l’air libre avant de pouvoir être brûlées", conseille Jonas Moerman.

D’autres éléments interviennent dans le bon usage du poêle au bois, comme le fait de ne pas brûler de bois traité, peint, etc. Il est également conseillé de réaliser un allumage inversé, c’est-à-dire par le haut plutôt que par le bas. Si le feu est allumé proprement, cela se voit sur la vitre. Une vitre propre est le signe que la combustion est correcte.

Sur le même sujet

Bois de chauffage : comment expliquer les différences de prix ?

Le Scan

Prix de l'énergie : la demande en bois de chauffage continue, l’offre peut-elle suivre ?

Energie

Articles recommandés pour vous