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Le Brexit empêche une Montoise de rejoindre son mari britannique malade

Martine quitte le domicile d’une de ses amies. Sans domicile, elle doit loger à gauche à droite.

© M.Harvengt

Depuis le Brexit, il faut un visa pour pouvoir s’installer au Royaume-Uni. Problème, les délais peuvent être longs, ce qui mène à des situations parfois difficiles. Martine Harvengt, une citoyenne belge originaire de Mons, en a fait les frais. Depuis le mois de mars, elle tente en vain, d’obtenir un visa pour aller s’installer au Royaume-Uni.

Mariée à un Anglais, elle a travaillé durant de nombreuses années en Angleterre. Elle n’a pas pris la double nationalité vu que le Royaume-Uni faisait partie de l’Union européenne et de l’espace Schengen. Martine Harvengt est partie avec son mari pendant quelques années sous le soleil. En septembre 2021, ils sont revenus au Royaume-Uni. Néanmoins, le Brexit a eu lieu entre-temps.

"J’ai dû postuler pour un visa famille. Je ne pouvais plus rester dans le pays sans ce document. Mais, j’ai appris que je ne pouvais pas postuler depuis la Grande-Bretagne, étant une "touriste" belge. Mon visa a été refusé. J’ai donc eu cinq jours et demi ouvrables pour quitter la Grande-Bretagne et mon mari", explique-t-elle.

Les structures se renvoient la balle

Résultat Martine a dû rentrer en Belgique. Elle est sans passeport. Elle n’a plus vu son mari depuis le mois de mars, qui est en plus malade. Elle n’a ni domicile, ni revenu. Elle doit loger à gauche à droite chez des amis. Elle a fait une nouvelle demande de visa mais elle est sans nouvelle.

Partout où je me suis adressé, on m’a dit que la situation n’est pas de leur ressort.

Pour accélérer la procédure, elle a tenté de contacter différents organismes. Mais tous se renvoient la balle. "Partout où je me suis adressé, on m’a dit que la situation n’est pas de leur ressort. J’ai essayé de contacter le Ministère des Affaires Étrangères en Belgique. Et on m’a dit qu’il n’était pas compétent pour traiter ma demande. Même chose à l’ambassade belge au Royaume-Uni ou à l’ambassade britannique en Belgique", témoigne-t-elle.

Les réfugiés ukrainiens ont la priorité

Une épouse qui souhaite rejoindre son mari qui a 74 ans et qui a des soucis de santé, ce n’est pas une priorité.

La situation de Martine s’explique en partie par le contexte international. "Le service de l’immigration à Londres m’a fait savoir que toutes les demandes pour les réfugiés ukrainiens ont la priorité. Ensuite, il y a une priorité pour les visas étudiants et de travail. Une épouse qui souhaite rejoindre son mari qui a 74 ans et qui a des soucis de santé, ce n’est pas une priorité. Selon eux, mon dossier ne serait accéléré qu’en cas de décès ou en cas de personne à l’agonie", explique-t-elle.

Pour Martine, cette situation ne peut plus durer et devient insupportable, d’autant plus qu’elle a déjà dépensé près de 12.000 euros pour tous les frais de procédure. "Il y a des jours où c’est vraiment difficile, mais j’essaye de rester positive. J’ai l’impression que l’individu ne compte absolument pas. Selon mon avocat, uniquement une poussée politique de haut niveau pourrait aider", conclut-elle.

Du côté de l’immigration britannique, on nous confirme que les délais dans ce genre de situation peuvent être de six mois à un an…

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