Chroniques

Le bruit avant Vivaldi c'est déjà du Vivaldi

18 sept. 2020 à 06:45 - mise à jour 18 sept. 2020 à 06:45Temps de lecture2 min
Par Bertand Henne

La Vivaldi a joué son premier accord hier. Un accord de septième mineure. A la chambre, les 7 partis se sont engagés à former un gouvernement pour le premier octobre. Le silence après Mozart c’est encore du Mozart disait Guitry. On peut désormais dire que le bruit avant Vivaldi c’est déjà du Vivaldi. Le bruit de l'opposition Vlaams Belang et N-VA ont littéralement hurlés. Le bruit aussi c’est Pieter de Crem,ministre de l'intérieur par défaut. Il estime que le CD&V n’a rien à faire dans cette galère Vivaldi. Calcul personnel, stratégie de la tension, amour démesuré pour la N-VA ? On ne saura jamais.

Quelques heures plus tard pourtant au parlement les 7 chefs de groupe de la Vivaldi ont tous signé une motion d’ordre. Ils sont tous d’accord les verts, les bleus les rouges et le donc le CD&V d’inscrire à l’ordre du jour de la séance du 1er octobre la déclaration de politique générale du futur Premier ministre/de la future Première ministre. C’est donc le premier accord joué publiquement par la Vivaldi.

Fuites dans la presse

Le reste de la partition commence à fuiter dans la presse. Il reste encore deux semaines de négociations, on restera très prudent donc. Mais il est de plus en plus probable que la note ne soit pas aussi étoffée que ce qu’on a pu connaître ces dernières années. Par exemple sur la fiscalité l’accord se borne à parler d’une fiscalité juste, avec la contribution des épaules les plus solides. Un engagement très général. Sur le nucléaire, rien sur la sortie en 2025. Ce qui veut dire qu’a priori la loi qui prévoit bien la sortie est maintenue. Sur les réformes institutionnelles : deux ministres vont œuvrer à travailler à des compétences homogènes soit en régionalisant, soit en refédéralisant. Sauf pour la Santé. Le financement resterait fédéral, mais l’organisation serait entièrement régionalisée.

Pour certain le manque de précision, c’est la porte ouverte à des malentendus et des disputes sans fin. Pourtant les accords de gouvernement touffus sont très souvent synonymes de méfiance entre les partenaires. L’exemple de la Suédoise montre qu’ils n’empêchent en rien les divergences et tiraillements internes. La démission de la N-VA montre qu’ils ne garantissent pas non plus la stabilité.

Un accord de gouvernement plus léger, cela veut dire que la confiance doit se construire et que le Premier ou la Première ministre aura un rôle plus important que par le passé.

La politique et la manière

Sur la manière de travailler, le futur accord de gouvernement se montre assez ambitieux. Ils ont inscrit cette phrase : "Une équipe ne peut générer de la confiance qu’en obtenant des résultats dans une atmosphère de collaboration”. Ce sera très certainement la phrase de l’accord la plus dure à respecter. Entre le PS et le MR par exemple à couteau tiré sur le nom du futur Premier ministre. Pour les écologistes qui dans leur première participation au fédéral en 1999 avaient parfois un pied dedans un pied dehors. Mais la phrase s’adresse surtout au CD&V. Son principal projet sous la Suédoise était d’abîmer la N-VA. La grande mission de Chris Peeters était de donner une leçon aux nationalistes. Résultat, des tensions permanentes et un gâchis collectif. Aucun parti, ne peut jouer au passager clandestin dans une formation. Ce qui veut sans doute dire au passage, que le futur gouvernement devra sans doute se passer de gens comme Pieter de Crem. Le Morgen utilise cette expression savoureuse : "le vieux Crododile est prêt pour la fabrique de sacoche".

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