Le 6/8

Le business insoupçonné de l’élevage de chevaux de compétition

03 déc. 2020 à 13:54Temps de lecture3 min
Par Chloé Vincent

Dans ce regard sport du 6/8, Gilles Goetghebuer nous emmène dans le monde de l’équitation, et plus particulièrement dans les coulisses d’un marché moins connu que celui du monde du ballon rond mais qui, en réalité, rivalise avec les sommes astronomiques de celui-ci.

A cette époque de l’année, les ventes aux enchères de chevaux s’activent plus que jamais. Pour cette édition, le monde équestre s’est adapté comme tout un chacun. La France a ainsi lancé "La Semaine digitale du cheval" (du 5 au 13 décembre). Le principe est de proposer aux amateurs de sports hippiques un gigantesque salon virtuel où chaque filière équine pourra présenter ses activités : débats, conférences, retransmission d’évènements depuis quatre hippodromes français. C’est gratuit et les infos sont à retrouver ici.

Des montants insoupçonnés

La valeur de certains étalons rejoint les sommes dépensées par les plus grands clubs pour s’octroyer les footballeurs vedettes. En 2001, le transfert record de Zinédine Zidane avoisinait les 75 millions d’euros. Un an plus tôt, l’étalon Fusiachi Pegasus faisait tout aussi fort, vendu pour un montant de 60 millions de dollars. Vingt ans plus tard, les sommes ont explosé tant dans le monde du foot que celui des chevaux de course. Récemment, une offre a été faite à plus de 200 millions de dollars pour acquérir un pur-sang anglais appelé Frankel, soit le montant déboursé par le Paris-Saint-Germain pour s’attacher les services de Kylian Mbappé. Petite nuance cependant pour les chevaux. Le propriétaire du cheval est également maître de sa descendance, ce qui n’est heureusement pas encore le cas pour les footballeurs.

Millionnaire sinon rien ?

Il faut donc mettre la main à la poche pour devenir propriétaire d’un étalon performant. Aujourd’hui, il est également possible d’acheter un embryon de champion. Les chevaux peuvent désormais s’acheter avant même la naissance. A partir de deux parents champions, on procède à une insémination artificielle. S’il y a fécondation, l’œuf fécondé est implanté dans l’utérus d’une mère porteuse qui donnera naissance onze mois plus tard à un futur champion. Du moins, en théorie. Cette technique permet à la mère génétique de poursuivre sa carrière sportive et d’assurer une descendance plus large en fécondant plusieurs poulains par an. Notons que cette technique est interdite pour les pur-sang anglais participant aux courses dans les hippodromes. Elle est par contre tout à fait licite pour les pur-sang arabes, les chevaux de jumping, ceux de courses d’endurance, ceux de concours, etc. Ces embryons coûtent quelques milliers d’euros, mais aucun investissement de ce type n’a jusqu’alors été rentable. Il suffirait cependant d’un succès pour créer une bulle spéculative.

Le clonage comme alternative

Le premier clonage équin remonte déjà à 2003. Depuis, il y aurait peut-être des dizaines, voire des centaines de chevaux clonés dans le monde. Cette pratique permet notamment aux chevaux castrés, qu’on appelle les hongres, d’avoir une descendance lorsqu’on s’aperçoit un peu tard qu’ils sont en fait des champions exceptionnels. Le montant de cette opération avoisinerait les 200.000 dollars et n’est réalisable que dans une poignée de laboratoires dans le monde. Le taux de réussite est cependant extrêmement faible et rend la chose difficilement défendable d’un point de vue éthique. Une fois de plus le clonage est interdit pour les chevaux de course, mais depuis 2012, elle est licite pour les chevaux de sport : sauts, dressage et endurance. Toutefois, en Europe, une loi interdit depuis 2015 le commerce d’animaux clonés.

Et pour les humains ?

Du côté des humains, le clonage brave encore trop d’interdits. Mais certains athlètes de haut niveau ont parfois été encouragés à concevoir ensemble. Ce fut notamment le cas dans les années 70. Selon une hypothèse crédible, les autorités du sport chinois regrettaient de ne pas disposer suffisamment de joueurs de grande taille. La fédération aurait donc arrangé certains mariages entre de grands sportifs et sportives. Et parmi ces nombreuses naissances, on retrouve le basketteur Yao Ming (2,29m) ayant évolué dix saisons dans le championnat américain. L’histoire s’est même répétée puisque sa fille, Amy, mesure 1,70m à seulement 10 ans !

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