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Le chat, danger pour les oiseaux et les rongeurs : les astuces pour limiter son impact sur la biodiversité

Le chat, danger pour la biodiversité ?

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13 avr. 2022 à 12:00Temps de lecture3 min
Par François Saint-Amand

Félin et être vivant domestiqué par l’homme, le chat conserve néanmoins son instinct d’animal sauvage. Bénédicte Flament, vétérinaire, préconise certains gestes utiles pour qu’il rentre ses griffes face aux autres animaux de son environnement.

Ils ont beau être terriblement mignons, les chats demeurent des animaux qui trônent à une place bien envieuse de la chaîne alimentaire.

Rongeurs ou oiseaux font régulièrement les frais de leur instinct de chasseur qui se manifeste dès leur sortie dans la nature. Ils sont déposés fièrement par le chat sur votre paillasson ou sur le pas de la porte.

La chasse, un comportement inné

On ne peut pas empêcher les chats d’adopter ce genre de comportement. Les proies ramenées par ces compagnons à quatre pattes ne seront pas toujours évitables.

En effet, ces actes 'barbares' font partie intégrante de la physiologie et de la psychologie du chat. Il ne s’agit pas de faire des réserves en plus de la nourriture qu’il reçoit déjà dans sa gamelle. Ce félin n’a pas cette habitude – s’il consomme une proie, il le fera immédiatement - mais chasse plutôt pour deux besoins urgents :

  • La chasse fait partie de son éthogramme et de ses différentes activités journalières. Elle est donc un 'loisir' quotidien.
  • Il reproduit le comportement de sa maman, qui nourrissait ses petits de quelques proies. Déposer un animal mort devant votre habitation est donc un trophée offert pour exprimer toute sa gratitude envers son maître/sa maîtresse.
Pavol Klimek / Getty Images

Un impact sur la biodiversité

Si on peut tout pardonner à notre chat, à plus grande échelle, on observe un réel problème pour la biodiversité.

Un chat domestique ramène en moyenne deux à trois proies par semaine. Mais la population de félins en Belgique augmente exponentiellement. Elle serait aujourd’hui "de 2 millions de chats" informe Bénédicte Flament. Et ceux-ci privilégient les oiseaux puisque l’homme agit déjà sur son biotope en éliminant les rongeurs nuisibles pour son jardin.

Le calcul est rapidement fait, on obtient un nombre colossal de 'victimes' du comportement de chasseur de ces félins. "Ce comportement de prédation du chat impacte à peu près 16% des causes de mortalité de nos oiseaux de jardin" souligne la vétérinaire.

Or, ces volatiles ont un rôle prépondérant dans l’équilibre de la biodiversité des jardins. Notamment en mangeant de leur côté les insectes pouvant être à leur tour nuisibles pour ces environnements.

Faire cohabiter chats et oiseaux au jardin

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Les solutions pour limiter les attaques des chats

Heureusement, ce comportement de prédateur, on peut le canaliser avec plusieurs méthodes :

  • La maîtrise de l’explosion de la nativité des chats : depuis 1997, la stérilisation des chats est obligatoire en Belgique pour les propriétaires. Si vous constatez la naissance d’une portée chez votre chat et que vous n’êtes pas un éleveur agréé, avant de céder les chatons à d’autres personnes, passez chez le/la vétérinaire pour les faire stériliser. Cela évitera la multiplication de ces félins sur le territoire. Des communes mettent aussi en place des programmes de stérilisation des chats errants.
  • La diminution du temps de prédation du chat. "Essayez par exemple d’augmenter le temps de jeu parce que si vous stimulez le chat au maximum avec vous à l’intérieur, certes il continuera à aller chasser, mais il y passera probablement moins de temps car il aura déjà évacué une partie de son énergie à déployer ces comportements de jeu, d’exploration, de cache-cache" propose Bénédicte Flament.
  • À l’inverse, sans agir sur les besoins vitaux du chat, on peut préserver la vie des oiseaux d’une autre manière. Placez des petites collerettes colorées autour du cou du chat : elles attirent l’œil des oiseaux et les incitent à fuir. De plus, elles ne dérangent pas le chat, au contraire des grelots. Ces derniers sont certes efficaces pour prévenir les volatiles qu’ils sont traqués, mais cela pourrait déranger le félin.
  • L’installation de manchons de protection aux troncs d’arbres pour empêcher les assauts des chats sur les branches et les nichoirs.
  • L’aménagement de refuges pour les rongeurs et les oiseaux.
iStock / Getty Images Plus

Retrouvez les conseils véto de Bénédicte Flament et bien d’autres chroniques tous les jours de la semaine dans Le 6-8 sur La Une.

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