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Le chef de corps de Bruxelles-Ouest assure s'attaquer à la flambée de violence des dealers

La criminalité sur la zone de police de Bruxelles-Ouest (Molenbeek-Saint-Jean, Berchem-Sainte-Agathe, Ganshoren, Jette et Koekelberg) a baissé de 11% en 2021 par rapport aux données de 2016, et de 13% pour la seule commune de Molenbeek-Saint-Jean, mais "on a une flambée de violence avec les dealers de rue et on travaille activement dessus", a souligné le chef de corps Luc Ysebaert, qui est revenu mercredi après-midi sur les phénomènes des fusillades liées aux trafics de stupéfiants qui traversent le territoire zonal.

Il y a eu 14 fusillades depuis septembre dernier et 6 depuis janvier. Parmi celles de l'année 2022, 4 ont déjà été liées à des faits de trafics de drogues et une doit encore voir ses circonstances éclaircies par l'enquête en cours. Une personne est décédée en avril après s'être fait tirer dessus (Dion), mais le différend en cause s'inscrit ici dans le cadre d'une relation interpersonnelle.   "Globalement, on peut dire qu'il s'agit pour beaucoup de règlements de compte entre groupes qui sont actifs dans la vente de stupéfiants sur la voie publique", observe Luc Ysebaert. "Les fusillades sont fort inquiétantes et insécurisantes et on prend donc cela très au sérieux. Le travail d'enquête avance de manière significative. Pour les faits qui ont eu lieu depuis avril, 4 personnes ont été placées sous mandat d'arrêt par un juge d'instruction sur base de 3 dossiers différents montés par nos services. Nous avons une activité judiciaire assez intense autour de ces événements et on arrive rapidement à identifier des suspects. Sur plusieurs événements, on a pu en interpeller en flagrant délit. La police est donc très active et réactive."  

Reste qu'il estimerait bienvenu un renfort de ses effectifs, actuellement en déficit de 122 agents opérationnels, même si des efforts sont faits pour raccourcir la durée des processus de recrutement. "On a aussi l'appui de la police fédérale à travers le plan Canal, dont on entend qu'il serait peut-être en sursis", ajoute le chef de corps. "Notre demande est de le maintenir pour que nous puissions continuer à mettre la pression dans certains quartiers où une vigilance est nécessaire... La promesse de 50 personnes en appui pour la zone de Bruxelles-Ouest a été honorée pendant de nombreuses années, mais depuis 2 ans il y a une érosion de l'effectif et on a seulement une vingtaine de personnes aujourd'hui. La force de ce renfort est qu'il est structurel et non ponctuel. Ces agents sont injectés pour 2-3 ans et apprennent à connaître un quartier déterminé. La capacité est un point décisif dans la lutte contre ce phénomène."   Il fait valoir que depuis janvier la zone dispose d'un plan d'action visant à lutter contre la vente de stupéfiants, établi en collaboration avec le parquet de Bruxelles et les autorités administratives pouvant décider de fermer des établissements où aurait cours du trafic. "On a l'ambition d'augmenter le nombre de chiens spécialisés en stupéfiants, qui permettent de faire des recherches proactives, et on veut former nos agents de quartier aux signes précurseurs de l'installation d'une plantation."  

Luc Ysebaert estime que le trafic de drogues est présent dans différents lieux de la région, mais qu'il a un ancrage local fort. "On a une recrudescence générale de la présence d'armes entre les mains de délinquants, qui n'hésitent pas à les utiliser pour régler leurs comptes et ça se passe aussi à Matonge ou dans d'autres quartiers de la région bruxelloise. C'est un phénomène relativement récent, avec l'amplitude qu'on lui connaît aujourd'hui. (...) Des gens s'approprient un quartier et se disputent des bouts de trottoirs pour vendre leurs drogues. Il y a peu de perméabilité entre les quartiers. Moins de 5 groupes se disputent des territoires chez nous. On a interpellé depuis janvier 119 personnes pour des faits de vente et 93 ont été mises à la disposition du parquet". Elles ont généralement entre 18 et 30 ans. Certains membres de ces groupes liés par le trafic sont actifs dans des bandes urbaines, mais pas tous. Depuis janvier, la police a saisi environ 2 kg de cocaïne, 4 kg d''héroïne et 34 kg de cannabis. Elle a aussi découvert une plantation.   Si dans leur travail quotidien ses policiers sont de plus en plus confrontés à la présence d'armes à feu, Luc Ysebaert explique que les enquêtes sur le trafic d'armes sont surtout de la compétence de la police fédérale spécialisée.
 

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