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Le chef sortant d'une OMC en crise rejoint Pepsi

Le chef sortant d'une OMC en crise rejoint Pepsi
20 août 2020 à 09:38 - mise à jour 20 août 2020 à 09:38Temps de lecture3 min
Par Belga

Le directeur général de l'Organisation mondiale du commerce, Roberto Azevedo, s'apprête à rejoindre la vice-présidence et la direction des affaires générales du géant américain des boissons PepsiCo fin août, laissant sa place à l'OMC, institution en crise, vide.

Le Brésilien, ingénieur de formation et diplomate de carrière, a annoncé mi-mai à la surprise générale qu'il quitterait ses fonctions fin août, un an avant la fin de son mandat, pour "raisons familiales", sans toutefois dévoiler quelles seraient ses prochaines fonctions.

C'est désormais chose faite, Pepsi ayant annoncé que l'ancien patron de l'OMC allait rejoindre ses rangs à compter de septembre.

Dans un communiqué, le groupe a expliqué avoir créé un nouveau poste pour le Brésilien, regroupant les activités en matière de politique publique, d'affaires gouvernementales et de communication, afin qu'il s'attache "à consolider les efforts d'engagement externe de PepsiCo auprès des gouvernements nationaux et internationaux, des régulateurs, des organisations internationales et des acteurs non gouvernementaux".

Marasme économique mondial 

Ramon Laguarta, président et directeur général de PepsiCo, a fait valoir que le patron de l'OMC allait apporter "des compétences politiques précieuses et des connaissances techniques sur les environnements sociaux, politiques et réglementaires complexes" ayant un impact sur la société.

"Je suis ravi de rejoindre PepsiCo à un moment où le renforcement des relations entre les entreprises, les gouvernements et la société est devenu essentiel pour générer une croissance durable et inclusive à long terme", a déclaré pour sa part Roberto Azevedo.

Après son départ, un des quatre directeurs adjoints de l'OMC - un Américain, un Allemand, un Nigérian et un Chinois - devait diriger l'organisation en attendant que le successeur du Brésilien soit désigné. Mais les 164 membres de l'organisation, qui prennent habituellement les décisions par consensus, ne sont pas parvenus à s'entendre.

Le processus de nomination du successeur de M. Azevedo - huit candidats sont en lice - doit commencer en septembre et devrait durer plusieurs semaines.

En plein marasme économique mondial causé par la pandémie de Covid-19, plusieurs chantiers de taille attendent le futur patron de l'OMC: préparer la conférence ministérielle qui devrait avoir lieu en 2021, donner un coup de fouet aux négociations qui piétinent et dénouer les conflits opposant l'organisation aux Etats-Unis.

Washington a menacé de quitter l'OMC, dont il réclame la refonte, et paralyse depuis décembre le tribunal d'appel de son organe de règlement des différends (ORD).

Extrait de la dernière déclaration de Roberto Azavedo à Genève, le 23 juillet (anglais)

Extrait de la dernière déclaration de Roberto Azavedo à Genève, le 23 juillet (anglais)

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Roberto Azevêdo, directeur général de l'OMC : 
  "Ainsi, 23 ans de ma vie professionnelle ont été intrinsèquement liés à cette organisation. J'ai eu beaucoup de moments heureux, je dois vous le dire, mais aussi, comme la plupart d'entre nous, ma part de déceptions. Mais même aux plus bas niveaux, pas une seule fois au cours de ces 23 années n'ai-je douté du rôle que ce système joue dans l'amélioration de la vie des gens dans le monde et nous serons encore plus mal lotis si on laisse la pertinence et l'efficacité du système s'éroder". -
  "Ne supposez pas que l'OMC a un avenir indépendamment de ce que vous faites ici. Pour assurer l'avenir de l'OMC, il est fondamental que les membres croient vraiment en la nécessité de mettre à jour le système. Certains peuvent encore croire que les pressions qui pèsent sur l'OMC sont localisées, et donc temporaires. Je tiens à vous assurer qu'elles ne le sont pas. Les pressions sur le commerce, et sur l'OMC, découlent des changements structurels fondamentaux de l'économie mondiale. Les changements technologiques, les modèles commerciaux novateurs et les modifications de l'équilibre des pouvoirs économiques ont tous fondamentalement modifié la façon dont les pays et les entreprises interagissent, sans parler de la façon dont nous menons notre vie quotidienne".

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