Cinéma

Le cinéaste Sean Baker ouvre une nouvelle fenêtre sur l’Amérique des marges avec "Red Rocket"

Le film, en compétition au dernier festival de Cannes, raconte sur un ton enlevé et sans pathos l’histoire de Mikey Saber, vedette de films X ruinée, qui revient dans sa petite ville natale du Texas.

Photographie Courtesy of Red Rocket Productions©

31 janv. 2022 à 13:47Temps de lecture2 min
Par AFP

La star de porno déchue est de retour en ville : le cinéaste Sean Baker, qui s’est fait connaître avec ses castings d’amateurs, ouvre une nouvelle fenêtre sur l’Amérique des marges avec "Red Rocket", en salles mercredi.

Le film, en compétition au dernier festival de Cannes, raconte sur un ton enlevé et sans pathos l’histoire de Mikey Saber, vedette de films X ruinée, qui revient dans sa petite ville natale du Texas. Vraiment pas le bienvenu, il parvient cependant à se faire accepter chez sa belle-mère, où il retrouve la femme qu’il a abandonnée, en promettant de se ranger.

Mais trouver un job dans l’Amérique profonde quand vous apparaissez au générique de dizaines de productions porno n’est pas aisé. Au magasin de donuts, Mikey va tomber sur "Fraise", une jeune fille rousse vendeuse de beignets et pas encore majeure, sur laquelle ce loser à l’égo surdimensionné va jeter son dévolu, tentant de la convaincre de se lancer à son tour dans le X.

Le film, tourné en coup de vent et presque en secret au Texas durant la pandémie, donne une nouvelle fois à voir l’Amérique d’en bas, sur fond de téléviseurs retransmettant des meetings de Trump et de petits boulots pour survivre.

Un univers que Sean Baker, figure à part du cinéma indépendant américain, est habitué à filmer, comme dans "Tangerine" qui racontait le périple de deux prostituées transsexuelles au cours d’une folle journée à Los Angeles ou "The Florida Project" (Quinzaine des réalisateurs à Cannes en 2017), sur une gamine vivant dans un motel sordide aux abords de Disney World et sa mère vivant de débrouille.

La "recette" Sean Baker repose aussi sur ses castings à la marge du star-system, sur Instagram, voire au supermarché.

Pour la star du porno de "Red Rocket", il a recruté un acteur que rien ne prédestinait à finir sur les marches de Cannes : Simon Rex, 46 ans, surtout apparu dans la franchise de films d’horreur "Scary Movie". Il lui a passé un appel trois jours seulement avant le tournage et lui a fait passer une audition en cinq minutes au téléphone.

"Il m’a dit 'J’ai besoin que tu sois au Texas d’ici trois jours et il faut que tu conduises parce que si tu viens en avion, tu seras placé en quarantaine pour une semaine'", a raconté l’acteur à l’AFP.

Sean Baker filme "les déplorables", comme avait appelé Hillary Clinton certains des électeurs de Donald Trump, "ceux que la société n’aime pas, éclaire des sujets sombres et rend ces gens désirables et réels", a-t-il souligné.

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