Biodiversité

Le CO2 absorbé par les arbres contribue à les faire grossir

Le CO2 absorbé par les arbres contribue à les faire grossir.

© Carmen Martínez Torrón

30 sept. 2022 à 08:30Temps de lecture2 min
Par RTBF avec AFP

On le sait : les arbres sont gourmands en CO2. Leurs racines et leurs feuilles absorbent les émissions rejetées dans l'atmosphère, ce qui les rend précieux pour lutter contre le réchauffement climatique. Mais des scientifiques viennent de découvrir que ce dioxyde de carbone  le volume du bois... et accroît du même coup la capacité des forêts à stocker le CO2.

Le CO2 atmosphérique accélère la croissance des arbres

Entre 700 et 800 millions de tonnes de carbone : c'est la quantité de CO2 que les forêts des États-Unis auraient absorbée chaque année depuis ces deux dernières décennies (environ 10 à 11% des émissions totales de CO2 du pays), estime une nouvelle étude publiée dans la revue Nature Communications. La recherche démontre également que les niveaux élevés de dioxyde de carbone dans l'atmosphère ont augmenté le volume des arbres de ces forêts des États-Unis.

D'après les estimations, la végétation moderne serait entre 20% et 30% plus grande qu'auparavant.

"Si on l'applique aux forêts de séquoias de la côte (qui abritent certains des plus grands arbres du monde), même un pourcentage d'augmentation modeste signifie beaucoup de stockage de carbone supplémentaire dans les forêts", estime l'étude. D'autant que le phénomène s'applique également aux grands arbres plus anciens, qui continuent de gagner en volume à mesure qu'ils vieillissent.

Les niveaux élevés de dioxyde de carbone semblent en fait avoir contribué à augmenter la masse de la plupart des arbres, aussi bien ceux qui ont poussé naturellement que ceux qui ont été plantés par la main humaine.

Le cercle vertueux de la fertilisation par le carbone

Observée entre 1970 et 2015 dans le cadre de cette étude, cette augmentation significative du volume de bois des arbres provoquée par une nette augmentation des émissions de carbone porte un nom : la "fertilisation par le carbone". En clair, le dioxyde de carbone va accroître le taux de photosynthèse d'une plante et augmenter sa croissance en accumulant l'énergie solaire, l'eau et les nutriments contenus dans les sols.

Les auteurs des travaux, qui estiment que la fertilisation par le carbone serait "encore plus élevée" que celle décrite dans des travaux antérieurs, voient dans ces résultats une opportunité de réduire le coût lié à l'atténuation du réchauffement climatique. "La fertilisation par le carbone rend certainement moins coûteux le fait de planter des arbres, d'éviter la déforestation ou de mener d'autres activités liées à l'amélioration du puits de carbone dans les forêts. Nous devrions planter plus d'arbres et préserver les plus vieux car au bout du compte, ils sont probablement notre meilleur atout pour atténuer le changement climatique", souligne Brent Sohngen, chercheur à l'université de l'État de l'Ohio (États-Unis) et co-auteur de l'étude.

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