Chronique cinéma

Le commissaire Maigret est de retour au cinéma, avec un Gérard Depardieu tout en retenue et en sobriété

Nicolas Buytaers vous emmène au cinéma et nous parle d’un grand retour, celui du célèbre commissaire Maigret. 

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Maigret

Une jeune femme est retrouvée morte dans un parc à Paris. Qui est-elle ? Personne ne sait ! Pourquoi a-t-elle quitté sa province pour la capitale ? Personne ne sait ! Que faisait-elle de ses journées ? Personne ne sait ! Alors que les indices sont minces pour ne pas dire inexistants, le commissaire Maigret est chargé de l’enquête. Il va surtout se concentrer sur cette jeune morte, tenter de comprendre qui elle était. Elle devient une obsession pour lui, davantage que le tueur. Lui qui revoit à travers ce visage sans vie une autre jeune morte… La fille qu’il a perdue il y a longtemps.

Personnage de papier imaginé par Georges Simenon, héros de plusieurs séries télévisées, incarné par Jean Richard, Bruno Crémer ou Rowan 'Mister Bean' Atkinson, Maigret a aussi connu une belle carrière au cinéma sous les traits, entre autres, de Jean Gabin. Mais cela faisait plus de 50 ans qu’on n’avait plus Maigret sur grand écran (c’était en 1968 avec Heinz Rühmann dans le rôle-titre de cette coproduction italo-autricho-franco-allemande intitulée "Maigret fait mouche").

C’est dire si cette nouvelle version était attendue. Et le résultat est à la hauteur de cette attente. D’abord côté réalisation avec Patrice Leconte (la saga des Bronzés mais aussi "Ridicule", "Les spécialistes"). Leconte est bon. Il nous propose d’abord un Paris des années 50 non pas de carte postale mais une capitale française à l’atmosphère inquiétante et pesante. Ensuite, son film est très stylé voire stylisé. Même chose du côté de Maigret interprété par Gérard Depardieu. Un commissaire tout en retenue et en sobriété, un flic désabusé et vieillissant. Mais Gégé en impose malgré tout. Il a cette force tranquille et propose autant de dureté que de failles, de sentiments que de réflexions, de pensées intimes que d’ouvertures.

Mais le plus important reste l’histoire racontée, l’une des meilleures de Simenon qui n’a pas son pareil pour sonder l’âme humaine. Et c’est ce qu’on retrouve ici : toutes ces qualités qui font défaut à l’être humain.

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King

King est un lionceau destiné à un horrible trafic d’animaux sauvages. Mais il s’échappe et est secouru par Alex et Inès. Nous sommes en banlieue. Or un bébé lion n’a pas sa place dans un joli pavillon. Voilà pourquoi nos deux ados vont tout tenter pour le ramener dans sa savane.

Ne cherchez plus, il est là le film familial de ces futures vacances de Carnaval. Ce road trip proposé par le réalisateur français David Moreau ("20 ans d’écart"), balancé entre tendresse, comédie et aventure, a tout ce qu’il faut pour plaire au plus grand monde (dès 6 ans). Avec une réflexion sur le bien-être animal, ce qui ne gâche rien.

Tout comme son casting emmené par Lou Lambrecht (Inès), Léo Lorleac’h (Alex) et un Gérard Darmon en papy voyageur en camping-car bougon mais au grand cœur !

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James Bond, Mourir peut attendre, en DVD

"Mourir peut attendre", le 25e opus des aventures de James Bond. Le film vient de sortir en DVD et en Blu-ray…

Il s’agit du dernier Bond incarné par Daniel Craig qui a définitivement raccroché son smoking au vestiaire. Craig, c’est un animal. Il a remis en avant l’instinct primaire du héros. C’est un fauve, à la fois indomptable et violent. Mais c’est aussi un chaton, tendre et fragile.

Il n’aura joué que dans 5 Bond entre 2006 ("Casino Royale") et 2021 mais contrairement aux autres acteurs qui ont incarné 007, ces cinq films-là se tiennent et nous racontent une seule et même histoire, soit la vie tumultueuse d’un agent secret, de son incorporation à sa retraite, entre amours, trahisons, plaisirs et dangers.

Craig a remis de l’action et du sang au centre de cette saga alors que les réalisateurs de ces cinq films comme Sam Mendes ("Skyfall" et "Spectre") ont rajouté de la profondeur et de la réflexion. Cet arc narratif est donc on-ne-peut-plus complet et (auto) suffisant, à la manière d’une grande série télé, de 5 fois 2 heures.

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