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Le commissariat de Vottem a-t-il été rénové par de la main-d’œuvre au noir ?

L’ancienne banque Belfius, devenue un commissariat de police : grâce à du dumping social ?

La question a été récemment posée par l’association de défense des allocataires sociaux. En cause, une pratique courante dans plusieurs localités, à savoir des "stages" sous rémunérés, voire pas rémunérés, et néanmoins obligatoires pour décrocher un contrat d’insertion. Une pratique pourtant interdite, et que le ministère assimile à un délit de main-d’œuvre non déclarée. Les autorités herstaliennes ont plusieurs fois eu recours à ce type de mises à l’essai.

Ce système a-t-il été utilisé, à Vottem, pour la transformation d’une banque en commissariat ? Une élue d’opposition aurait voulu interroger le collège communal, ce lundi soir. Le bâtiment a en effet été acquis par la régie autonome Urbéo, puis rénové par un service de formation aux métiers de la construction, dénommé "atelier 4040", qui dépend du centre public d’action sociale. L’immeuble est actuellement occupé par une antenne administrative et des agents de quartier.

Une interpellation irrecevable ? 

Des jeunes ont-ils dû prester sur ce chantier, alors que cet "atelier 4040", certes financé par des subsides européens, ne remplit apparemment pas les conditions légales pour encadrer des candidats à un contrat d’insertion ? Cette interpellation reste pour l’instant sans réponse : elle a été déclarée irrecevable, lors de la séance publique, en vertu de l’article 77 du règlement d’ordre intérieur, qui exclut des débats les organismes sur la gestion quotidienne desquels la ville n’a pas d’avis à émettre. Difficile de soutenir qu’une éventuelle infraction pénale rentre, au sens strict, dans la définition de la gestion quotidienne d’Urbéo, du CPAS, ou de la police zonale. C’est pourtant la position de la majorité, le parti socialiste et ses partenaires, une attitude confirmée lors d’un vote, un vote qui a réussi le tour de force de réunir à la fois les voix "contre" des verts, des pétébistes, du mouvement réformateur et de la droite populaire. Le Parlement wallon pourrait prochainement avoir à connaître de cette affaire…

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