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Le conseiller communal Ecolo de Molenbeek, Karim Majoros, démissionne de son mandat

Karim Majoros démissionne du conseil communal de Molenbeek

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02 sept. 2020 à 16:18 - mise à jour 02 sept. 2020 à 16:18Temps de lecture2 min
Par Philippe Carlot

Le débat de lundi soir, au conseil communal de Molenbeek, a laissé des traces. Il était question d'une motion visant à lutter contre les discriminations, en particulier celles visant les femmes musulmanes portant le foulard, notamment lorsqu'elles postulent à un emploi dans l'administration locale. 

Karim Majoros s'abstient, puis démissionne

La motion a recueilli une large majorité puisque seuls 7 conseillers du groupe MR ont voté contre, une échevine libérale s'abstenant. Dans le groupe Ecolo, le conseiller communal (anciennement échevin du logement) Karim Majoros s'est abstenu, les autres élus verts votant en faveur de la motion. PS-SP.a, CDH et PTB ont approuvé le texte. Les élus Défi et N-VA étaient absents lors du vote. 

Le 1er septembre, via les réseaux sociaux, Karim Majoros annonce sa démission. "Aujourd’hui, j’ai pris la décision de démissionner de mon mandat de conseiller communal de #Molenbeek à compter de ce jour. Personne ne m’a demandé de le faire. C’est un choix personnel mûri".

Ecolo se déchire

Que s'est-il passé? L'intéressé se refuse à tout commentaire mais d'autres militants Ecolo expriment leur malaise. La locale de Molenbeek avait convenu, après débat interne, de laisser chaque conseiller communal libre de son vote lors du conseil communal du 31 août, dès lors que la position du parti sur la question du port des signes convictionnels apparaissait "floue". Karim Majoros avait décidé de s'abstenir et de se situer dans une optique de dialogue interculturel. Selon plusieurs sources internes, la co-présidente d'Ecolo, Rajae Maouane, également membre de la locale mais absente lors du bureau politique où fut arrêtée la position commune, a tenté de faire pression sur Karim Majoros "au nom de l'intérêt supérieur du parti". 

Rajae Maouane aurait conseillé à Karim Majoros de ne pas se rendre au conseil communal ou de s'absenter au moment du vote, ce que l'ancien échevin du logement a refusé. Normalement, en tant que chef de groupe Ecolo au conseil communal, c'est lui qui aurait dû prendre la parole en premier pour exprimer le point de vue de son parti. Mais le soir même, c'est Rajae Maouane qui s'est exprimée au nom du groupe, Karim Majoros parlant à titre personnel. 

Peu avant sa prise de parole, Karim Majoros aurait reçu plusieurs messages de Rajae Maouane pour lui demander de renoncer à s'exprimer. A la suite de ce qu'ils qualifient de grave entorse au processus de démocratie interne d'Ecolo, 12 membres de la locale (dont une conseillère CPAS) annoncent leur intention de démissionner et de quitter le parti. 

Rajae Maouane dément

La co-présidente d'Ecolo présente une autre version des faits : la locale de Molenbeek ayant exprimé des divergences d'opinion par rapport au port des signes convictionnels dans la fonction publique, Rajae Maouane a décidé de s'exprimer au nom du parti pour en préciser le programme. Karim Majoros restant libre de faire valoir son point de vue à titre personnel, comme convenu en interne. Rajae Maouane dément toute tentative d'empêcher l'un de ses élus de prendre la parole lors du conseil communal. En attendant, la locale Ecolo de Molenbeek apparaît au bord de l'implosion. 

 

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