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Le "convoi de la liberté" suscite l'enthousiasme au Canada: " Depuis deux ans, des non-vaccinés sont humiliés sur la place publique"

07 févr. 2022 à 10:09 - mise à jour 07 févr. 2022 à 10:47Temps de lecture3 min
Par Esmeralda Labye

A la base, c’est une contestation. Mais elle s’est transformée en occupation, celle d’Ottawa, la capitale du Canada. Malgré le froid, les températures flirtent avec les moins 30 degrés, les manifestants sont là, avec leurs camions. Ils ont installé des feux de camp, l’atmosphère est festive. La détermination totale. Les chauffeurs routiers ont juré de continuer le mouvement jusqu’à la levée des restrictions sanitaires. 

Tout est parti de la Colombie-Britannique, côté pacifique pour ensuite traverser le pays et rejoindre Ottawa, à l’est. Dimanche soir, ils ont certes levé le camp, mais pour mieux revenir. Leur détermination reste intacte. La vaccination obligatoire pour exercer leur métier et passer la frontière avec les Etats-Unis, ils n’en veulent pas.

 

Belga images

"Je suis ici pour dénoncer le fait que des non-vaccinés, depuis deux ans, sont humiliés sur la place publique. Cela va à l’encontre de la liberté d’expression au Canada. Vous ne pouvez pas faire cela. Les gens écoutent ces insultes et ces intimidations faites aux non-vaccinés, ils le répètent sur leurs téléphones portables, sur les réseaux sociaux, c’est de l’intimidation" explique un manifestant à l’AFP.

Selon la police, 2000 personnes se sont rassemblées. Au départ, il s’agissait de dénoncer l’obligation vaccinale des camionneurs qui traversent la frontière entre le Canada et les Etats-Unis, maintenant il s’agit aussi de dénoncer les conditions de travail en raison des restrictions sanitaires. Depuis la mi-janvier, Canada et USA imposent la vaccination aux chauffeurs qui traversent la frontière.

Tous les habitants de la capitale ne voient pas ces "manifestations occupations" d’un bon œil. Certains dénoncent des menaces, du harcèlement et la pollution sonore des klaxons incessants.

Sur les réseaux sociaux, le mouvement de contestation jouit par contre d’une certaine popularité.

Ce qui ennuie fortement les autorités canadiennes. Le Premier ministre Justin Trudeau aurait été mis en sécurité avec son épouse.

François Legault, le Premier ministre du Québec a préféré s’exprimer via twitter.

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Le maire d’Ottawa s’est montré plus virulent face à la présence des camionneurs. " Nous sommes donc au milieu d’une situation d’urgence grave, la situation d’urgence la plus grave à laquelle notre ville ait jamais été confrontée, a déclaré Jim Watson.

"Lorsque vous avez des milliers de manifestants contre des centaines de policiers, nous sommes en infériorité numérique et nous devons nous assurer que l’ordre est ramené dans notre ville […] Il y a des personnes âgées qui ne peuvent pas sortir faire leurs courses, les gens avec de jeunes enfants ne peuvent pas s’endormir parce que des feux d’artifice se déclenchent au milieu de leur quartier, ils font preuve d’une insensibilité totale envers nos résidents, et c’est pourquoi nous avons besoin d’une plus grande présence policière […]

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Il a décrété l’état d’urgence. "L’état d’urgence donne au personnel de notre ville quelques outils supplémentaires pour accélérer des choses comme l’approvisionnement."

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Le carnaval de la liberté

Ou convoi de la liberté, c’est comme cela qu’ils appellent leur mouvement.

" On nous a demandé de manifester pacifiquement, c’est ce qu’on a fait " a déclaré de Bernard Gauthier, organisateur et syndicaliste. L’homme affirme aussi que le mouvement va gagner en popularité. Il est déjà publiquement soutenu par les milliardaires Elon Musk et Donald Trump.

A noter que l’Alliance canadienne du Camionnage désapprouve la manifestation. Selon l’association, une vaste majorité de chauffeurs est vaccinée.

Les autorités canadiennes s’intéressent à présent à ceux qui financent le mouvement. Une campagne de financement participatif a rassemblé plus de 10 millions de dollars canadiens soit 6,8 millions d’euros. La plateforme a toutefois choisi de geler les fonds de la campagne pour s’assurer qu’ils soient correctement distribués.

Seule une minorité de Canadiens soutient l’action des chauffeurs poids lourds (32% selon un récent sondage. 10% de la population canadienne n’est pas vaccinée.

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