Le covid a généré des troubles du sommeil chez 73% des Belges et 12% de la population utilise aujourd'hui des somnifères

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13 juil. 2021 à 11:25Temps de lecture3 min
Par Lucie Dendooven

En 2020, 1.138.966 doses unitaires de médicaments de type somnifères et de sédatifs ont été délivrées chaque jour en Belgique. Des recherches récentes ont montré que 92% des patients prennent leurs somnifères plus longtemps que recommandé.

La Belgique dans le peloton de tête en Europe pour la consommation de somnifères

12% de la population adulte belge utilisent un somnifère ou un sédatif du groupe des benzodiazépines et des "Z drogues". Il s'agit notamment de produits bien connus tels que le Zolpidem, le Xanax, le Lexotan et le Valium, appelés communément "somnifères".

L'utilisation de ces médicaments pendant plus de deux semaines n'est pas recommandée en raison de divers effets négatifs, tels que la dépendance physique et psychologique. Néanmoins, on estime qu'un Belge sur trois prend encore ce médicament après huit ans. Chez les personnes de plus de 65 ans, la consommation chronique de benzodiazépines est même trois fois supérieure à la moyenne de l'OCDE. En ce domaine, notre pays figure dans le peloton de tête en Europe et même dans le monde. En général, l'utilisation de ces médicaments augmente avec l'âge. Cependant, la pandémie de COVID-19 semble également entraîner une augmentation dans les groupes d'âge plus jeunes.

Le Covid a généré des troubles du sommeil chez 73% des Belges

Ces derniers mois lors de la crise du Covid, une enquête Sciensano a démontré que la majorité de la population belge (73%) a souffert de troubles du sommeil et que plus de 21% des personnes interrogées consomment également des médicaments pour y remédier. Près de la moitié (42%) d'entre eux reconnaît avoir commencé à prendre de tels médicaments depuis le début de la crise, ou en avoir augmenté la dose. Dans la tranche d'âge des 18-24 ans, plus de 75 % ont commencé à prendre des somnifères ou des sédatifs, ou en ont augmenté la consommation, depuis le début de la pandémie.

Le projet "Benzo-net" (Perception, habitual use and cessation of benzodiazepines: a multi-method nethnography) de l'université de Gand, a cherché à mieux comprendre le vécu des utilisateurs à long terme de ces médicaments dans le Nord du pays. Trente personnes consommant ou ayant consommé ces médicaments depuis longtemps ont été interrogées entre juillet 2019 et février 2021. Les résultats montrent que la majorité d'entre elles a reçu peu d'informations sur les effets à long terme, la date d'arrêt recommandée, l'arrêt pur et simple du traitement et les alternatives possibles pour traiter les causes sous-jacentes à cette consommation.

Les somnifères perturbent le cycle du sommeil

Or, l’impact négatif sur la santé et les effets secondaires des somnifères sont pourtant bien réels comme nous l’explique le Dr Benny Mwenge, pneumologue et responsable du laboratoire du sommeil aux cliniques universitaires saint-Luc :

" Nous pouvons prendre des somnifères en période de crise, pendant une durée de 15 jours maximum, mais ils sont problématiques à long terme. Plus vous en prenez, plus il y a d’accoutumance et moins ils agissent. Parallèlement, les somnifères génèrent une déstructuration du sommeil. Grosso modo, nous avons deux types de sommeil : un sommeil profond nécessaire à la récupération physique et d’autre part un sommeil paradoxal qui permet la mémorisation et la récupération psychologique. Lorsque vous prenez des somnifères vous allez diminuer la proportion du sommeil paradoxal. Vous diminuez de cette façon votre capacité de récupération psychologique. "

 

Un sevrage nécessaire mais accompagné

Ce médecin constate également que les somnifères sont difficiles à arrêter du jour au lendemain. Et un sevrage non accompagné peut générer des délirium exactement comme le sevrage alcoolique.

 

Si vous avez des antécédents familiaux d’Alzheimer, prendre des somnifères pourraient provoquer un Alzheimer plus précoce. Une chose est sûre les somnifères diminuent la capacité de mémorisation et de concentration et ils peuvent accélérer, dans certains cas, des processus de démence.

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