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Le Covid va-t-il déclencher l'indépendance de l'Écosse ?

Le Covid va-t-il déclencher l’indépendance de l’Écosse ?

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L’Écosse se dirige-t-elle vers son indépendance ? Les deux régions n’ont jamais été aussi divisées, mais Boris Johnson n’est pas près de lâcher l’affaire. Il a lancé une véritable opération séduction pour caresser les Ecossais dans le sens du poil. En un mois, quatre ministres se sont rendus dans les villes et campagnes écossaises en annonçant notamment, face au covid, des aides financières pour les entreprises, histoire de montrer que Londres s’intéresse de près à l’Ecosse.

Le Brexit divise Londres et Edimbourg

Il y a une bonne raison à ce brusque intérêt du gouvernement britannique pour Edimbourg et Glasgow, Londres a peur de perdre le Nord.

Car ces dernières semaines, pour la première fois, les sondages donnent gagnant le " oui " à l’indépendance au cas où un nouveau référendum serait organisé.

Un premier référendum a été organisé il y a 6 ans et à la question " l’Ecosse devrait-elle être un pays indépendant ? ", 55% des Ecossais avaient répondu " non ".

Seulement voilà. Depuis lors deux choses ont changé. D’abord le Brexit, acté en janvier dernier et qui prendra effet le 31 décembre prochain, quoi qu’il arrive a répété Johnson, c’est-à-dire avec ou sans accord commercial avec l’union européenne et ce alors que les Ecossais, eux, ont voté à 60% contre le Brexit, c’est le premier souci connu depuis quelque temps. Mais il y en a un second : la crise du Covid.

 

La gestion du Covid creuse encore plus le fossé

La gestion de la crise par le premier ministre Boris Johnson est très controversée. C’est vrai pour l’ensemble des citoyens britanniques, un sondage réalisé sur 14 pays montrent que les Britanniques sont, avec les Américains, les plus critiques sur leur gouvernement à ce propos. Mais la particularité outre-Manche c’est que la santé est gérée au niveau régional et qu’entre Londres et Edimbourg, le contraste est frappant :

Face au covid, l’Ecosse s’en est mieux sortie que l’Angleterre, dans les chiffres, mais aussi dans la confiance des citoyens envers le gouvernement écossais.

Voilà qui a encore accru la popularité de la première ministre d’Ecosse Nicola Sturgeon. Or, son parti, le parti national écossais, était déjà au top en décembre dernier, avant le Covid donc, lors des élections législatives.

45% des suffrages ce qui, avec le mode de scrutin qui octroie une prime au gagnant, donne 48 sièges sur 59 au parti qui défend la cause indépendantiste.

48 sur 59, il y a là de quoi faire fantasmer plus d’un leader de la N-VA.

Vers un second référendum pour l’indépendance de l’Ecosse ?

Tout cela donne des idées à Nicola Sturgeon, leader du parti national écossais et première ministre d’Ecosse. Avec les élections régionales en mai prochain en Ecosse, Nicola Sturgeon propose d’en faire une sorte de plébiscite en faveur de l’indépendance : elle annonce dès à présent l’intention de réaliser un second référendum et le parlement écossais sera invité dans les prochains mois à voter une loi définissant la question qui sera posée ainsi que le calendrier. Autrement dit, si après avoir ainsi annoncé ses intentions, une majorité des Ecossais vote en faveur du SNP, le parti national écossais, il y aura une forme de légitimité démocratique pour exiger la tenue d’un second référendum, ce à quoi Boris Johnson s’est toujours refusé jusqu’ici.

Morale de l’histoire : Le gouvernement britannique est de moins en moins populaire chez les Ecossais qui soutiennent majoritairement leur gouvernement dirigé par une leader indépendantiste. Et qui l’an prochain vont peut-être méditer sur ceci : " Etre ou ne pas être britannique, telle est la question… "

 

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