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Economie

Le cri d'alarme de l'économiste Michel de Kemmeter: il faut 9000 milliards d'euros pour la transition économique

Le cri d’alarme de l’économiste Michel de Kemmeter : Il faut 9000 milliards d’euros pour la transition économique
29 juin 2019 à 08:10 - mise à jour 29 juin 2019 à 08:10Temps de lecture2 min
Par Michel Gassee

Expert en transition économique et fondateur du think tank Club of Brussels, Michel de Kemmeter lance un cri d’alarme : il est urgent de s’attaquer à toute une série de défis, dont certains sont en train de se matérialiser sous nos yeux. Avec l’aide d’une équipe de chercheurs, qui ont épluché tous les rapports disponibles venant d’institutions, de centres de réflexions, d’ONG, d’études d’entreprises, etc., "26 enjeux que notre pays devra coûte que coûte résoudre lors de la prochaine décennie" ont été identifiés. Tous ces enjeux vont converger avant 2030 et l’addition risque d’être salée… Elle est évaluée à 9000 milliards d’euros, plus de 20 fois le PIB de la Belgique. "Nous sommes tombés de notre chaise quand nous avons vu la facture, reconnaît Michel de Kemmeter. Et nous n’avons encore chiffré que 80% des enjeux ! "

Quelques exemples concrets

Le redressement de notre biodiversité est sans doute le plus coûteux des enjeux : 3360 milliards d’euros pour la Belgique, selon le Giec, WWF et Greenpeace. La rénovation des bâtiments ? 2250 milliards d’euros. Ce montant a été calculé sur la base des données de la Régie des bâtiments et de la Vlaamse milieumaatschappij. Il y a des millions de mètres carrés d’immobilier public à abattre ou à rénover pour cause d’obsolescence. Autre gros poste : les efforts de formations professionnelles à mettre en place d’urgence pour aider les travailleurs à s’inscrire dans un marché du travail ont bouleversé par les innovations technologiques (robotisation, intelligence artificielle, etc.).

Michel de Kemmeter craint aussi – si on ne fait rien – que la pauvreté explose en Belgique "suite à l’effondrement pensions"… "Le poids croissant des pensions est pourtant quelque chose qu’on annonce depuis les années 1990. Et maintenant, tout le monde est surpris en constatant qu’il n’y a plus assez de jeunes qui travaillent alors qu’il y a de plus en plus de retraités qui vont vivre de plus en plus longtemps (et tant mieux) ? Et quoi ? C’est une surprise, ça ? Non, ce n’est pas une surprise, mais rien n’a été vraiment fait. Et ce qui est certain, c’est qu’il va falloir repenser complètement notre relation au travail et sortir des clous, ce qu’évidemment personne n’ose faire."

Le monde politique et la FEB égratignés

Constat un peu dépité de Michel de Kemmeter : "Aucun parti politique n’a chiffré ces enjeux. Mais je dois admettre qu’ils sont tout de même réceptifs à nos études, un peu contraints et forcés, certes, mais bon…" Il n’est pas tendre non plus à l’égard de la Fédération des Entreprises de Belgique car, dit-il, "ils ont tout simplement torpillé notre démarche. Ce sont des sujets qu’on ne soulève tout simplement pas. Point."

Et pourtant, Michel De Kemmeter reste relativement optimiste parce que, dit-il, "l’humain ne change qu’en cas de choc. Et pour ce qui est des chocs, nous allons être servis… Mais les solutions existent, même si pour le moment, elles restent encore un peu sous le radar".

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