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Le décès d’un détenu pose la question de la qualité des soins médicaux à la prison de Nivelles.

Le décès d’un détenu pose la question de la qualité des soins médicaux à la prison de Nivelles.
12 avr. 2022 à 15:281 min
Par Simon Bériaux

Le décès d’un détenu survenu le 27 novembre 2021 est-il la conséquence
d’un manque d’accompagnement médical à la prison de Nivelles ? L’Observatoire International des Prisons dénonce dans un communiqué
l’absence totale de réponse à cette question de la part des autorités. Le détenu serait resté sans soin durant la nuit malgré des appels à l’aide de son codétenu. Son décès a été constaté le lendemain dans la matinée par un médecin légiste. Il a conclu à une mort naturelle.



 

 

 

Présence médicale insuffisante

Le cadre médical est incomplet à Nivelles, comme dans d’autres établissements pénitentiaires du pays. Le constat de l’Observatoire International des Prisons est partagé par Giuseppe D’Orazio, délégué CGSP à la prison de Nivelles : " Quand j’ai commencé il y a presque 13 ans, deux médecins se relayaient au cours de la journée. Le premier de 06 heures à 14 heures, le second de 14 heures à 22 heures La permanence médicale était ainsi assurée. Depuis, par manque de moyens, il n’en va pas de même. A Nivelles par exemple, un médecin est présent de 08 heures à 16 heures en semaine, et de 08 heures à 12 heures le week-end."

 

Que se passe-t-il alors en dehors de ces tranches horaires ? Ce sont les agents pénitentiaires qui doivent juger de l’opportunité de faire appel au 112. Une procédure lourde qui nécessite l’aval de la hiérarchie et un accompagnement policier jusqu’à l’hôpital.

Appels à l’aide restés vains

Selon l’Observatoire International des Prisons (OIP), le décès survenu à Nivelles est bien la conséquence du constat dressé par Giuseppe D’Orazio. Le malade n’aurait pas eu la possibilité d’être ausculté, si ce n’est à distance. Au-delà de ce drame isolé, la porte-parole de l’OIP Julie Moreau tire la sonnette d’alarme :" nous avons été interpellés par des personnes qui travaillent en lien direct avec la prison de Nivelles, qui nous ont véritablement appelés à l’aide. Rien n’est décidé sur ce qu’il faut faire en cas de problème médical grave." L’organisme dénonce l’absence de continuité des soins et – plus largement – les violations du droit à la santé des détenus.

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