Guerre en Ukraine

"Le droit de veto russe devient un droit de tuer en toute impunité", a déclaré Zelensky devant le Conseil de sécurité de l’ONU

05 avr. 2022 à 12:45 - mise à jour 05 avr. 2022 à 16:04Temps de lecture1 min
Par Maud Wilquin et Sandro Faes Parisi (RTBF Info)

Suite aux exécutions imputées aux forces russes à Boutcha, petite ville au nord-ouest de Kiev, et après s’être rendu sur place pour constater les faits, le président ukrainien Volodymyr Zelensky avait demandé de s’exprimer devant le Conseil de sécurité de l’ONU ce mardi. Une première depuis le début de la guerre le 24 février dernier.

Fidèle à sa dialectique aussi directe qu’incisive, Zelensky a d’emblée décrit ce qu’il a pu voir à Boutcha : "Certains ont été tués dans la rue, d’autres chez eux, d’autres encore dans leur voiture. Certaines personnes ont été décapitées, d’autres tuées avec une balle dans le dos…". Ensuite, c’est le rôle de l’ONU que le président ukrainien a interrogé en rappelant l’article 1er de la charte des Nations Unies relatif à la préservation de la paix. Et de souligner que le massacre de Boutcha n’est qu’un exemple parmi d’autres avant de pointer du doigt la réponse de la fédération de Russie. "Nous avons des preuves de ce que nous avançons. Nous savons que les membres des Nations Unies veulent connaître la vérité afin de punir ceux dont le sentiment d’impunité empêche la paix… Le droit de veto russe devient un droit de tuer en toute impunité."

Dissoudre le Conseil de sécurité actuel

Dans son appel aux membres du Conseil de sécurité, Zelensky a appelé à l’établissement d’un tribunal comme celui de Nuremberg car "les dirigeants qui donnent les ordres sont également responsables. "

Dans la foulée, le président ukrainien a suggéré de réformer le système sécuritaire mondial afin de respecter les objectifs fixés après la Seconde Guerre mondiale. L’ONU doit pouvoir, selon lui, punir ceux qui bafouent les principes de la paix. Tous doivent participer à l’ordre international sur un pied d’égalité. Zelensky n’a, enfin, pas hésité à évoquer la possibilité de dissoudre le Conseil actuel si celui-ci ne pouvait respecter ses engagements.

Une intervention ponctuée par la diffusion d'une vidéo d'environ une minute montrant les cadavres d'hommes, de femmes et d'enfants dans plusieurs villes de l'Ukraine. 

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